B. La solution : la mise en réseau des moyens et des hommes.

En ce qui concerne la cancérologie, les modalités de prise en charge dépendent avant tout de la mise en œuvre des réseaux de prise en charge.

L’exemple de la cancérologie illustre bien les hésitations actuelles entre maîtrise médicalisée et maîtrise économique des dépenses de santé : l’organisation des soins en réseau et la définition de niveaux de prise en charge ne traduit pas un choix définitif entre ces deux alternative, les A.R.H. préférant maintenir un système qui oscille entre les deux politiques. Dans les schémas abordant cette problématique, l’organisation en réseau pour favoriser le travail en coopération et en concertation des praticiens est mise en avant. Ils sont plus ou moins ambitieux et vont associer de manière plus ou moins formelle les praticiens de ville, qu'ils soient radiologues, cancérologues ou médecins généralistes. Les modalités de mise en œuvre dépendront plus ou moins des directeurs d'ARH qui espèrent donner vie aux réseaux par leur accréditation.

  • Certains SROS préconisent en effet de soumettre les réseaux à l'autorisation explicite du directeur de l'ARH, notamment en région Rhône Alpes.
  • En Ile de France, la mise en réseau de la cancérologie dépendra de la coordination des intervenants. Il s'agit avant tout de définir des niveaux de prise en charge et d'offrir un service de proximité aux patients autour de pôles spécialisés.
  • La région Poitou-Charentes associe un nombre important d'acteurs pour généraliser à l'ensemble de la région un modèle de réseau de prise en charge coordonnée et pluridisciplinaire des malades. L'URML avait auparavant examiné le projet dans le cadre des commissions internes et au sein du Comité de Pilotage du SROS.

 

D'une manière globale, la réponse en matière de cancérologie semble fortement inspirée des préconisations de la Circulaire du 1er avril 1998 qui prévoyait la mise en réseau des intervenants en cancérologie.

La place des médecins libéraux au sein des dispositifs semble d'importance variable : le médecin est en général associé en dernier ressort et destinataire des informations qui seront à terme regroupées dans le dossier médical commun qui circulera entre tous les intervenants impliqués dans la prise en charge. La qualité du service médical rendu est souvent associée à ce nouveau mode de travail de même que la prévention primaire comme secondaire qui sera prise en charge au sein du réseau. Les différences qui peuvent exister viennent avant tout de la place qui est laissée au site de cancérologie dans le réseau, sachant qu'un site n'est pas nécessairement un établissement de soins mais peut être un médecin ou un cabinet privé.

  • En région Nord Pas de Calais, la mise en réseau des services de cancérologie englobe plus généralement le problème de la qualité des soins et du suivi de la prise en charge des malades. Partant du principe que tous les cancers ne se traitent ni ne se suivent selon les mêmes règles, des solutions ont été proposées par grand type de cancer et prévoient des mesures très globales allant jusqu'à l'organisation des soins palliatifs pour certains pronostics.

 

La mise en réseau des établissements de soins et des praticiens semble être retenue comme une solution unique de la prise en charge de la cancérologie. Néanmoins, les modalités d'organisation de ce réseau varient fortement d'une région à une autre, du fait notamment des différents degrés d'implication des praticiens de ville dans ces réseaux. L’enjeu actuel pour les URML est d’obtenir que le pilotage des réseaux ne revienne pas uniquement d’un site référent, mais une association de médecins qui participent au réseau.