B. L'organisation des réseaux : par qui et comment ?
Au-delà de la description
des réseaux qui sont évoqués dans les SROS, il apparaît utile de voir quelles sont les
institutions qui se posent comme les pilotes de la mise en place des réseaux de soins et
d'appréhender comment les URML se positionnent pour assurer la présence de la médecine
libérale dans les comités de réflexion sur les réseaux, pour être un acteur à part
entière dans l'organisation des réseaux de soins.
1.Les
premiers rôles : les URCAM et les ARH.
L'organisation des réseaux de
soins apparaît comme une problématique difficile qui donne voie au chapitre à un grand
nombre d'acteurs, professionnels de santé comme institutionnels. Les implications
économiques, logistiques et politiques sont nombreuses, les institutions et les tutelles
vont s'impliquer du fait des moyens à mettre en uvre et des relations à établir
avec le médecin de ville et l'hospitalisation publique.
Les URCAM et les ARH semblent
faire figure de tandem incontournable du fait de leurs missions respectives et des
intérêts qu'elles trouvent à s'impliquer dans la mise en place des réseaux.
La circulaire inter régime du 23
mars 1999 a donné aux URCAM un rôle de coordinateur et de pilote pour la mise en place
des réseaux. En pratique, ce sont surtout les ARH qui s'affirment pour la mise en place
des réseaux : leur autorité sur les établissements de soins publics permet de leur
donner un rôle de pilote, conditionnant la plupart du temps la mise en place des réseaux
ville-hôpital à leur autorisation.
- C'est le cas en PACA, où, pour être constitués,
les réseaux devront adresser à l'ARH un cahier des charges pré défini et ce au plus
tard en janvier 2001.
- Bien souvent, comme en région Centre, l'agence
détermine des thèmes prioritaires pour le développement des réseaux, ce qui laisse peu
de marge de manuvre à la médecine libérale ou aux autres acteurs pour avancer des
projets en dehors de ces thèmes prédéfinis.
- Les régions Midi Pyrénées et La Réunion voient
se généraliser le principe du fonctionnement en réseau pour ce qui concerne le prise en
charge de la cancérologie. Cet exemple est intéressant du point de vue de la méthode,
puisque à partir d'une expérience existante, l'ARH a décidé d'inscrire au titre des
objectifs du SROS le principe du fonctionnement en réseau des établissements pour cette
discipline. La généralisation de la mise en réseau s'affirme par le nécessaire passage
de tout patient par les Unités de Concertation Pluridisciplinaire d'ici à la fin de
l'application du schéma. Il y a là imposition d'un mode de prise en charge en vertu d'un
modèle qui existe déjà et dont l'ARH généralise le principe. Le réseau inclus à la
fois les établissements mais aussi et surtout les praticiens, tous les spécialistes qui
entrent dans le processus de prise en charge des cancers.
- Partant du principe que les bassins de vie doivent
être indépendants au maximum pour éviter de concentrer l'offre de soins sur une
métropole, l'ARH du Nord Pas de Calais pose pour principe de faire en sorte que des
réseaux de prise en charge se développent dans chaque zone sanitaire en créant les
structures ou en soutenant les initiatives qui concourent à mettre en place des équipes
permettant d'améliorer l'indépendance de la zone concernée. C'est ainsi que le C.H.U
devient pôle de référence auquel on fait appel pour les 20% d'autonomie manquants.
Cette mise en réseau interne aux secteurs sanitaires permet de développer une
concertation avec tous les intervenants. Ce schéma est reproduit également pour ce qui
concerne le traitement des urgences.
2. La médecine libérale mise
en marge du processus de mise en place des réseaux ?
Le but des réseaux est avant tout
de développer une coordination et de favoriser la continuité des soins entre la ville et
l'hôpital par l'ouverture de l'hôpital vers la ville et par la mise en uvre de
moyens de communication performants entre le médecin traitant et le suivi hospitalier. Il
semble donc que la médecine de ville au sens strict est un acteur privilégié de la mise
en place des réseaux de soins, pilotés le plus souvent par des établissements de
santé. Cette évidence ne se retrouve pas dans tous les schémas, le terme de réseau ne
concernant parfois que les coopérations entre les établissements ou nincluant les
médecins traitant qu'en dernier ressort. Qu'en est-il alors de la place globalement
accordée à la médecine libérale par les ARH dans la mise en place des réseaux ? On
peut légitimement sinterroger sur la place qui est faite aux spécialistes et aux
médecins qui exercent dans les établissements.
- Les SROS de PACA et de la région Centre
s'inscrivent clairement dans la perspective des réseaux de type Code de la Santé
Publique et visant à développer des réseaux dont le pilotage et l'évaluation
appartiendront aux ARH. La ligne directrice est définie de manière claire, la mise en
place des réseaux de soins devant intervenir dans certaines disciplines et pour prendre
en charge certains grands problèmes de santé comme l'accès aux soins des plus démunis
notamment.
- Dans le cadre de la régionalisation des réseaux
de soins en cancérologie en Midi Pyrénées et à la Réunion, ce sont avant tout la
coopération et la complémentarité entre les établissements qui est recherchée :
différents niveaux de soins sont définis et des contrats doivent être passés entre les
structures pour garantir aux malades une prise en charge graduée et adaptée.
- L'Ile de France a élaboré à peu de chose près
le même schéma, en ne spécifiant pas que les pôles de prise en charge et de suivi
pouvaient être des médecins spécialistes intervenants dans la prise en charge de la
maladie : seules les structures peuvent être des lieux de concertation et de suivi
global. Les avancées les plus importantes sont sans nul doute constituées par la mise au
point du dossier médical commun, élément constitutif des réseaux présent dans tous
les SROS, qui sera accessible par l'ensemble des praticiens et des structures qui
interviennent auprès des malades. Il reste cependant à déterminer comment il circulera
entre les médecins et qui en sera le garant.
Le médecin libéral ne trouve
pas, globalement, la place qu'il pourrait avoir au sein du réseau pour s'affirmer et
exercer ses compétences. Il reste un intervenant isolé, soit au début ou à la fin de
la prise en charge du patient : au début en orientant le patient vers la structure la
plus adaptée, au terme de la prise en charge en exerçant un suivi global du malade
lorsqu'il ne relève plus des plateaux techniques des établissements publics ou privés.
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