ACTES DEUXIEME JOURNÉE
SANTÉ PUBLIQUE ET MÉDECINE LIBÉRALE

CONCLUSION

 

M. Jean-Pol DURAND :
Pendant toute cette journée nous avons eu un auditeur attentif en la personne du directeur de l'URCAM, je ne sais pas s'il y a beaucoup de régions qui pourraient s'en prévaloir. Je voudrais demander le témoignage de M. CHERASSE. Vous êtes venu, était-ce à titre documentaire, pour prendre la température ?

M. Dominique CHERASSE :
Je ne suis pas venu prendre la température mais parce qu'il est tout à fait naturel que l'Assurance Maladie se mette à l'écoute des professionnels de santé. Si nous voulons pouvoir construire quelque chose ensemble il convient d'abord de se mettre au diapason et connaître : quelles sont les questions de chacun des partenaires? quelles sont ses obligations ? quels sont les intérêts dont il a la charge de défendre ?

Nous voulons tous faire évoluer la prise en charge de la santé des Français. L'occasion nous a été donnée de nous intéresser à une des manières de faire évoluer l'organisation du système de santé : les réseaux. Et l'URML en ayant l'excellente idée de choisir ce thème pour cette journée Santé publique et Médecine libérale nous a offert l'occasion d'être présents.

Je viens aussi par amitié pour Bernard Huynh, à qui je fais la plus grande confiance dans la manière dont il mène les travaux de l'URML, pour faire là aussi progresser une prise de conscience chez les professionnels libéraux. Ceux d'entre vous qui sont nommés à la tribune et un certain nombre de leaders qui sont préoccupés par l'évolution de la profession, réfléchissent, ouvrent des pistes, les expérimentent, puis il y a un certain nombre de praticiens isolés dans leur cabinet qui ne sont pas encore franchement passionnés par ce débat, ce qui est compréhensible, qui n'en pas encore perçu tout l'intérêt, qui ne se sentent pas forcément encore concernés par les réseaux, pour tous je crois que ce travail initié par l'URML est essentiel.

Pour terminer, je souhaitais dire que j'ai été frappé de voir combien les professionnels eux-mêmes avaient pris de l'avance sur un tel sujet, bien avant les institutionnels – au meilleur sens du terme – bien avant que les politiques ne s'y consacrent. Les choses sont aujourd'hui très avancées. Un certain nombre de problèmes apparaissent, ce sont les questions d'éthique, des problèmes d'organisation, des problèmes techniques parfois liés à la nature même de la médecine qui ne rentre pas si facilement dans des systèmes très organisés, très intégrés.

Il faut lui garder - et nous en sommes tous persuadés à la Sécurité sociale - une part d'individualité, beaucoup de souplesse parce qu'on traite des êtres qui sont uniques, dont les problèmes sont à chaque fois différents du voisin, même s'il peut y avoir des modélisations. Nous pouvons arriver à des dossiers médicaux dont nous pouvons tirer des études épidémiologiques dans l'intérêt de tout le monde, et donc là aussi faire progresser le savoir, la pratique, et éventuellement si des économies sont réalisées ici et là, les dégager pour investir dans un nouveau programme médical au service de la santé.

J'ai donc été frappé par cette richesse, cette approche, l'expression constante d'un désir de qualité. Nous ne doutions pas que les professionnels à 99 % étaient soucieux de la qualité de leurs pratiques. Cela a été confirmé aujourd'hui, il y a des gens qui s'investissent, souvent d'ailleurs au-delà de leur propre activité directe, de celle qui est rémunérée, qui s'investissent pour réfléchir à l'évolution de leur métier.

Donc notre institution a beaucoup à apprendre et beaucoup à faire pour travailler avec les professionnels, parce qu'en considérant la masse financière que la Sécurité sociale permet de consacrer à la santé, et sur laquelle les professionnels de santé peuvent garantir la continuité de leur activité, mérite qu'il y ait ce rapprochement. Personne n'a pas d'intérêt à travailler séparément, nous avons tous le devoir de travailler ensemble, et l'occasion nous en est donnée.

M. Jean-Pol DURAND :
Merci beaucoup M. le Directeur. Bernard Huynh, à vous le mot de conclusion.

Dr Bernard HUYNH :
La réunion d'aujourd'hui a été conçue comme une sorte de vitrine pour des connaisseurs plutôt que comme une grande messe, elle permet d'établir des interrelations entre les projets. Année après année, les sujets se polissent, se précisent, les problématiques sont de plus en plus claires, les projets de plus en plus nets et avancent à très grande vitesse. C'est ce que j'ai ressenti en écoutant un certain nombre d'intervenants qui avaient déjà pris la parole l'an dernier : leurs discours ont progressé d'une façon impressionnante.

La préoccupation majeure, immédiate, incessante, de notre profession, c'est d'arriver à régler le problème de la personne, malade, qui est toute seule en face de nous. Actuellement les médecins n'ont pas encore toute la perception que le travail coopératif ou le travail avec d'autres va leur faire gagner du temps, de l'énergie, de l'argent.

Un des prochains pas, ce sera l'installation en Ile-de-France d'un Intranet sécurisé qui sera probablement gratuit. C'est-à-dire Internet sécurisé pour tous les médecins qui le voudront. Nous allons leur proposer des petites marches comme ça qui, ajoutées les unes aux autres nous ferons rentrer dans le XXIe siècle d'une façon consciente, dans le progrès.

Nous avons besoin aussi du regard des institutionnels, des journalistes, des gens qui sont autour de nous et qui vont nous permettre de proposer aux médecins de l'Ile-de-France des instruments qui seront vraiment utiles aux soins, vraiment utiles aux malades.

Progressivement, année après année, nous avançons dans la bonne direction.

Merci à tous, à l'année prochaine.

URML IDF