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Un réseau de gérontologie Je suis médecin généraliste à Magny-en-Vexin, dans le Val-d'Oise, et praticien hospitalier, chef d'un service de médecine polyvalente dans un hôpital de proximité. C'est à ce titre que j'ai créé dans cet hôpital une unité de soins palliatifs en 1989. J'ai rédigé un projet de réseau en soins palliatifs, qui a été accepté dans le cadre des contrats d'objectifs et de moyens et financé par l'agence régionale, pour prendre en charge les patients en soins palliatifs du Val-d'Oise Ouest par l'intermédiaire d'une équipe mobile. Mais je souhaitais vous présenter le projet de réseau gérontologique de la Mutualité sociale agricole (MSA), qui m'a paru intéressant en raison de l'articulation entre les praticiens libéraux et les hôpitaux de proximité. Nous assistons aujourd'hui à une explosion démographique des personnes âgées. Le recensement de 1990 dénombrait environ 11 300 000 personnes âgées de plus de 60 ans, ce qui représentait à peu près 20 % de la population dont 900 000 personnes âgées dépendantes. Les projections prévoient qu'en 2010, le chiffre s'élèvera à 15 000 000 de personnes âgées soit 25 % de la population, c'est-à-dire 5 % de plus, dont 1 200 000 personnes âgées dépendantes. Le projet MSA a obtenu en 1999 l'accord du conseil d'orientation des filières et des réseaux sur un cahier des charges pour la mise en place d'un réseau relatif au maintien à domicile des personnes âgées dépendantes. Elle s'est appuyée sur son expérience en matière de coordination ville-hôpital ayant été à l'origine d'expérimentations, d'hospitalisations externes à domicile, dans le cadre des contrats locaux de santé. La MSA a permis de déterminer des conditions générales d'organisation de la coordination ville-hôpital guidée sur quatre principes :
La MSA a obtenu un avis favorable à la commission Soubie et l'agrément du ministère de la Santé. Elle est le premier organisme à avoir mené un dossier à son terme. Le projet se fonde sur une démarche participative et progressive, méthode qui vise à construire des solutions d'organisation nouvelle. L'idée est de progresser vers "le juste soin", des financements complémentaires et évolutifs permettant d'aller au-delà du paiement à l'acte et d'envisager des systèmes de forfait, et enfin une organisation administrative déchargeant les intervenants des tâches de coordination dans le cadre d'un budget limité. Cette organisation administrative s'appuierait sur le secrétaire de l'association qui assurerait la gestion entre tous les intervenants engagés dans le maintien à domicile des personnes âgées dépendantes. Les objectifs de cette expérimentation à court terme sont de démontrer que des économies peuvent rémunérer la coordination des soins, et l'objectif à moyen terme est de démontrer que la généralisation de ce dispositif permet de répondre à la demande croissante des personnes âgées dépendantes de demeurer à domicile en évitant, par la même, la création de structures hospitalières coûteuses. Le réseau a pour objet de permettre le maintien à domicile du plus grand nombre de personnes âgées dépendantes, et le plus longtemps possible. Du point de vue médical, il s'agit de gagner en efficacité diagnostic, d'améliorer les fonctions cognitives et l'humeur des personnes âgées, de prolonger la durée de vie au travers d'une organisation cohérente et adaptée des soins, et des interventions des professionnels médicaux et sociaux. Au plan économique, un recours amoindri aux structures hospitalières et/ou aux structures d'hébergement devrait entraîner une réduction notable des dépenses de santé. Enfin ceci permettrait le respect des bonnes pratiques médicales et tenterait d'éviter une redondance des actes utiles ou inutiles, des hospitalisations ou des réhospitalisations inutiles, sachant que ces personnes âgées étaient orientées dans des services d'urgence, alors qu'une bonne coordination en ville pourrait l'éviter. Il en est d'ailleurs de même en soins palliatifs. La mise en réseau permet d'optimiser l'utilisation des structures et d'éviter la création de nouvelles structures d'hospitalisation. Les modalités du réseau ville-hôpital reposent sur les points suivants :
Le calendrier de mise en place de ce dispositif comporte deux phases :
Le projet entend, après deux années d'expérimentation et d'observation, proposer donc un nouveau mode de prise en charge globale, sanitaire et sociale pour cette population âgée dépendante de plus en plus importante. Le docteur HECQUARD qui est le médecin-conseil de la Mutualité sociale et qui est à l'origine de ce projet va répondre à vos questions. Président
de séance : Dr
Martine CAUFMENT : Le "plus" que nous apportions sur le plan conceptuel, c'était le financement qui n'est pas une question neutre. Le projet s'inscrit dans les réseaux et filières Soubie, parce qu'il est dérogatoire au droit commun, en ce sens que la secrétaire ou le secrétariat de l'association, qui va coordonner l'ensemble des acteurs, est pris en charge sur le risque. Ce n'est pas une hypothèse de travail, c'est accepté. Vous voyez le sous-qualitatif. Nous avons beaucoup d'affiliés mais pas de région rurale au sens strict du terme. En revanche dans le nord de la région, nous savons qu'il existe une population rurale, agricole, vieillissante, un petit peu isolée des grands centres, c'est de cette façon que, par le biais du RML, nous avons pu nous rencontrer. Nous avons eu des échanges et d'autres collègues nous ont rejoint. Le directeur de l'hôpital de Magny-en-Vexin a été convaincu par l'intérêt éthique, moral et médical du projet. Pour entrer dans le réseau, il y a un certain nombre de critères en particulier de niveau de dépendance. Intervenant : Docteur Martine CAUFMENT |