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ACTES
DEUXIEME JOURNÉE
SANTÉ PUBLIQUE ET MÉDECINE LIBÉRALE
Travailler
sur le web
Dr Alberto JUSSMANN
Pour
plus de précisions je dirais que je suis un petit peu à cheval entre
le libéral et le public parce que j'ai une activité libérale pure
en cabinet prive et je travaille également dans un dispensaire médical
qui est un gros dispensaire parisien. Je suis donc confronté, après
avoir été hospitalier pendant quelques années, à un certain type d'exercice
médical.
Je
voudrais nous éloigner quelques instants des grandes visions médicales
à travers Internet, a travers les réseaux, etc., pour parler d'une
façon plus pragmatique de l'outil qui est à notre disposition et qui
est soit le réseau figure, concret, dont nous avons parle précédemment,
puis le réseau moderne; informatise, etc., qui est l'Internet.
Tout
d'abord quelques chiffres, pour comprendre le phénomène de l'Internet
:
- aujourd'hui,
en France, 800 000 personnes se connectent une fois par semaine,
- aux
Etats-Unis 1/3 du chiffre de la croissance américaine est du à Internet.
Avec une croissance de 4 ou 4,5 %, cela représente environ 1,5 %,
- 25
% des ménages français seront équipés d'ordinateurs et de micro-ordinateurs
en 1999,
- 77
% des élèves de collèges ont déjà utilise et savent utiliser un
micro-ordinateur,
- 0,5
point de la croissance française sur les 3,2 % qui étaient annonces
en 1998 sont lies à l'informatique et a la téléphonie,
- A
titre anecdotique, en Bourse une action sur quatre des investisseurs
prives est négociée sur Internet,
- Enfin
le moteur de recherche Yahoo! connaît une d'augmentation de fréquentation
15 a 20 %.
Qu'est-ce
qu'on peut faire sur Internet ?
Il
y a deux types théoriques de travaux, les travaux intellectuels et
les matériels. Le travail intellectuel ne produit que des concepts
et est impalpable. Et puis les biens palpables qui sont le fruit du
travail matériel. Actuellement, sur le réseau Internet, on ne peut
que travailler des idées. Alors qu'est-ce qu'on peut faire en ligne
? On peut travailler ou se distraire.
Que
signifie travailler pour des médecins en particulier ?
- S'informer.
Les intervenants précédents nous ont appris que l'on peut s'informer
sur des listes de cardiologie, des listes de gynécologie, elles
sont légions maintenant. Il suffit de s'inscrire à une liste pour
savoir qu'on peut au bout d'une semaine recevoir à peu près 200
messages. Je me suis inscrit sur une gyneliste, spécialisée pour
les gynécologues, le lendemain je recevais 150 mails différents
de divers correspondants. La puissance de récupération de l'information
est donc énorme, presque trop importante. Ce n'est peut-être pas
la méthode optimale, mais c'est possible.
- Rédiger
des contrats, le marquage de certains documents transférés par Internet
est reconnu sur le plan juridique.
- Demander
une expertise a un confrère, c'est la base même de notre activité
puisque le code de déontologie stipule qu'un médecin doit prendre
l'avis d'un spécialiste et d'un expert au cas ou il se trouve limite
dans son investigation.
Développer
un produit informatique, c'est ce qui m'est arrive.
Il
est possible d'acheter et de vendre. L'une des plus grosses activités
de l'Internet actuellement, ce sont les salles de vente virtuelles.
Participer
à une vidéo transmission.
- Regarder
des images, des événements en direct, il y a des Webcams un peu partout
dans le monde, etc.
On
se rend compte que finalement la limite de l'Internet ne vient que
de l'encombrement du réseau.
Avec
quels outils travailler ?
Sur
le plan technologique il est certain que dans cinq ou dix ans, n'importe
qui pourra utiliser un ordinateur. Je pense même que l'ordinateur
aura disparu comme objet, c'est-à-dire que les gens auront des écrans
tactiles, ou alors ils s'adresseront directement a leur ordinateur.
Nos enfants le feront naturellement.
Il
nous faut :
1.
une unité centrale :
- un
appareil qui tourne à peu près a 200 mégahertzs, c'est le minimum
et la mémoire vive que l'on appelle la RAM doit être de 32 au moins,
parce que les programmes aujourd'hui sont très, très voraces mais
les revendeurs d'unités PC en fournissent déjà de 64 et même 128,
- une
bonne carte son puisque l'on va parler et s'écouter,
- un
écran de 17 pouces au moins, 19 pouces ou 21 pouces pour le confort
visuel,
- une
suite bureautique professionnelle, c'est-à-dire qui inclut les traitements
de textes, les présentations Powerpoint, la base de données qui
permettra ensuite d'aller nourrir une autre base de données,
- Et
surtout ne jamais oublier l'unité de sauvegarde, parce que les données
qui sont sur les ordinateurs sont très précieuses, il faut pouvoir
les conserver,
2.
une connexion :
elle
se fait le plus souvent par modem, c'est-à-dire par la ligne téléphonique,
mais beaucoup d'opérateurs maintenant proposent des lignes accélérées,
Numéris a très haut débit, le câble qui permet pour un abonnement
de 200 francs par mois de rester connecte aussi longtemps que désire
sans avoir à payer de facture téléphonique. Et puis bientôt le satellite.
un
logiciel de connexion. Les deux principaux sont Netscape et Internet
Explorer.
- un
serveur c'est-à-dire un opérateur qui va vous permettre de vous
connecter sur la ligne Internet, en anglais, provider
- il
y a également des logiciels de communication qu'il faut posséder
pour pouvoir envoyer des messages, recevoir du son, etc? Les logiciels
de messagerie les plus connus sont Outlook Express, il y a un autre
logiciel de messagerie qui s'appelle Eudora qui est un très, très
bon logiciel et qui facile d'utilisation,
il
y a principalement deux logiciels de communication qui sont : IRC
et ICQ ( I seak you ) . Avec IRC, on se connecte sur un canal via
un provider etc. et puis on écrit à un correspondant choisi. On voit
d'abord une espèce de salle de conférence et on choisit un correspondant
parmi ces gens la, au hasard, ou parce qu'on a des intérêts communs.
L'autre, qui est plus agréable qui s'appelle ICQ, qui est un succès
mondial, a été inventé il y a une dizaine d'années mais dépasse aujourd'hui
les 40 millions d'adhérents, est un logiciel de communication écrite
en direct, c'est-à-dire qu'on voit à l'écran ce que l'autre écrit
sur son ordinateur
-
Et
puis le dernier logiciel qui vient avec Internet Explorer s'appelle
NetMeeting. Il s'agit d'un logiciel très agréable parce qu'il
permet de se parler et de travailler, et il permet surtout la
prise de contrôle de l'ordinateur distant c'est-à-dire de tous
les contrôles a condition évidemment que vous partagiez le contrôle
avec votre correspondant. Vous verrez que ce logiciel a joue un
rôle très important pour mon travail sur le Web.
Mon
expérience personnelle date de trois mois. Cela faisait longtemps
que l'idée me trottait dans la tête. Ce qui serait intéressant pour
l'exercice de la médecine, ce serait d'avoir les meilleures informations
au bon moment, pour le patient. Si on a besoin d'un expert, d'avoir
un deuxième avis, etc., d'avoir pu faire de la formation avant et
d'avoir l'information en direct au moment ou le patient se présente.
Tout le monde est préoccupé par cette histoire la. J'avais cette idée
depuis longtemps et il se trouve que je voulais développer ce logiciel
sous une base de données qui s'appelle Access 97, qui fait partie
de la suite bureautique Microsoft. Mais seulement, je ne suis pas
un très grand informaticien et donc j'ai rapidement rencontre des
difficultés qui m'ont bloque jusqu'à ce qu'un de mes neveux mexicains
de 17-18 ans qui est un passionne d'informatique me fasse découvrir
les logiciels IRC et ICQ que j'utilise maintenant tous les jours .
J'ai chargé ICQ sur mon ordinateur et j'ai commencé à converser avec
ma famille au Mexique, puis ensuite avec d'autres intervenants, et
puis je suis rentré dans les groupes d'intérêts, et j'ai trouvé des
gens qui ne font que développer sous Access 97. Je suis allé chercher
quelqu'un qui parlait le français, et je suis tombé sur un ressortissant
canadien de 42 ans, qui est un pratiquant ICQ. Alors on a commencé
à discuter, et c'est ainsi que nous avons pu signer un contrat électronique.
Le développement est pratiquement termine. Nous en sommes actuellement
à la recherche d'investisseurs.
Le
travail sur Internet a quand même quelques inconvénients : les transferts
de fichiers sont assez lents, les modems coupent un petit peu la parole,
mais les progrès sont rapides puisqu'on vient de voir apparaître la
puce Intel 3 qui intégré l'Internet. La notion du temps est évanescente
quand on est sur un ordinateur, on se fatigue énormément. Les coûts
de connexion sont encore élevés quoique l'on arrive à la gratuité.
Et surtout il y a le problème de la personne avec qui l'on travaille,
parce que c'est une personne distante, on ne sait pas exactement qui
est qui, il y a donc un problème de feeling pour employer un mot que
je n'aime pas beaucoup, disons de sentiment et de sensation.
Les
avantages du travail en ligne sont nombreux : pas de conventions,
pas de contrainte de lieu ni d'horaire : on travaille deux, trois,
quatre heures et on gagne du temps parce qu'on peut avoir accès tout
de suite aux données qui sont soit sur son disque dur, soit disponibles
en cliquant sur des sites Internet qui peuvent nous rapatrier des
données ; on peut copier les documents, les recoller dans un autre
document, les utiliser. Le coût d'un travail sur Internet est beaucoup
moindre : si je devais faire ca "en vrai", en me déplaçant
et en allant au bureau, ca serait impossible ! Là, il n'y a pas de
temps perdu.
Qui
sont les futurs "sacrifiés" du Web ? Le fondateur d'IBM,
Thomas Watson, affirmait que la demande mondiale en ordinateurs n'excéderait
pas cinq machines. Or actuellement nous sommes submergés par l'offre.
Microsoft avait pour objectif que chaque famille ait son ordinateur,
nous n'en sommes plus très loin. Alors les "sacrifiés" pourraient
bien être le papier et le crayon, la poste, la presse écrite, les
industries pétrolières, en raison de la diminution des déplacements
(bien que ce soit sans doute une vision un petit peu idyllique), la
grande distribution avec le commerce électronique et j'en oublie sûrement
?
En
tout état de cause le travail sur ordinateur ne va pas disparaître,
il sera toujours le témoin de l'existence de l'homme et de sa volonté
de transformer et d'améliorer son milieu.
M.
Jean-Pol DURAND :
A
présent le Docteur Jacques Drusch va nous présenter une autre vision
du même sujet tout en revenant à notre sujet initial, les réseaux
de soins, avec Alpha Médica dans le XVIIe arrondissement
de Paris qui se crée par le biais de l'outil informatique.
Dr
Jacques DRUSCH :
Qu'est-ce
qu'Alpha Médica Paris ? D'abord une motivation intacte depuis
trois ans qui repose sur la tentative de reprendre notre destinée
en mains. Notre action est asyndicale et apolitique, elle se place
sur un plan uniquement professionnel. C'est un concept qui est un
véritable fil d'Ariane de notre évolution.
Alpha
Médica est une association, loi de 1901 à but non lucratif qui regroupe
98 professionnels de santé et pilote le réseau. Ce sont des moyens
de communication coordonnés, qui sont des préalables indispensables
à la coordination des soins.
Le
concept est celui d'un système de santé en réseau et une définition :
un réseau professionnel collégial utilisant des outils communiquant
au service de la coordination, optimisant l'utilisation des moyens,
intervenant dans la chaîne de soins et de prévention, apportant un
plus de qualité à ces composants dans lobjectif d'un meilleur
service au meilleur coût humain et socio-économique.
Voyons
point par point cette définition :
le
réseau professionnel collégial donne le cadre de la structure du réseau.
- En
tant que réseau, Alpha Médica Paris réunit des réseaux informels
existant antérieurement.
- En
tant que professionnel, il rassemble des professionnels de la santé
intervenant dans la chaîne de soins du patient sur des critères
éthiques et professionnels, par cooptation.
- En
tant que collégial, il utilise les compétences de chacun sans lien
hiérarchique.
Autonomie,
indépendance, déontologie : trois critères qui font de ce réseau
un réseau libéral.
La
dimension : 150 membres.
Pourquoi ?
Nous avons estimé quau-delà de cette dimension le réseau serait
difficilement gérable par des moyens souples. Sa composition :un
tiers des médecins généralistes, un tiers des médecins spécialistes
et un tiers des professionnels de santé dits prescrits.
Son
implantation : locale
Nous
savons que le patient va consulter son médecin généraliste distant
au maximum à dix minutes de son lieu de résidence, ou de son lieu
de travail, trente minutes pour le spécialiste, avec un maillage car
la zone géographique doit être harmonieusement couverte par les membres
de l'association.
Une
organisation interne :
c'est-à-dire
un comité de pilotage qui organise des réunions mensuelles et des
membres volontaires à prendre en charge des secteurs de responsabilité,
tels que communication, informatique ou adhésions.
L'adhésion
: libre accès aux soins pour les patients, libre choix du praticien.
En
fait le réseau est au service du patient, à savoir tout patient qui
consulte un professionnel de santé, membre du réseau fait parti du
réseau.
Au
niveau des professionnels de santé, c'est leur adhésion à l'association
Alpha Médica Association à travers une charte éthique et de qualité
qui donne les objectifs et les principes du réseau.
Au
niveau de la pratique au début on ne change rien, c'est-à-dire la
spécificité du professionnel de santé au niveau du colloque singulier
et au niveau de l'installation est conservée. Nous évaluerons dans
le futur l'influence du réseau sur sa pratique.
Enfin,
nous pensons qu'au niveau d' Alpha Médica Paris, nous avons besoin
de partenaires pour nous développer sur un plan organisationnel, sur
un plan informationnel et sur un plan financier, avec des principes
fondamentaux : autonomie, indépendance du réseau et dans une
relation comme cela a déjà été dit de gagnant/gagnant.
Aujourd'hui,
où en sommes nous ?
En
1998, les membres actifs du réseau sont :
- 13
médecins généralistes,
- 20
médecins spécialistes,
- 18
professionnels de santé prescrits adhérents en tant que membres
actifs au réseau et à l'association,
- 47
membres, eux-mêmes membres de sociétés civiles professionnelles
ou de sociétés civiles de moyens, ce sont des personnes morales
qui ont adhéré à l'association,
- 32
médecins généralistes,
- 15
paramédicaux
Le
réseau couvre le VIIIe, XVIe et XVIIe
arrondissements. Il existe un comité de pilotage de huit membres,
quatre médecins généralistes, deux médecins spécialistes et deux paramédicaux
qui organisent des réunions mensuelles pendant lesquelles les grandes
lignes d'évolution du réseau sont votées.
Nous
avons une formation interne, Gérard Lyon en a un petit peu parlé,
ce sont des week-end bisannuels. Le prochain week-end de juin aura
pour thème "Secret médical et dossier médical dans le réseau"
avec la présentation du système Arcode du professeur VADROT.
Actuellement
les patients ne sont pas au courant de l'existence du réseau, ils
le seront à partir de juin prochain lorsque le réseau sera opérationnel
dans leur direction.
Nous
avons trois partenaires :
Andersen
Consulting pour l'organisationnel, pratiquement depuis le début, Medcost
et M+Santé pour l'informatique et l'informationnel. Nous n'avons pas
de partenaire financier.
Le
principe du réseau c'est la circulation de l'information et cette
circulation de l'information dépend de la structure, mais aussi d'une
triple contrainte :
Cette
circulation de l'information est aussi liée au but du réseau qui est
la prévention , côté patient, car nous mettons un accent particulier
sur la prévention et la l'information médicale. Un patient mieux informé
aura une observance optimisée de ses soins.
Au
niveau professionnel de santé, c'est le partage au sens large du terme :
informations générales, médicales et surtout expérience de chacun.
Les
moyens de cette circulation de l'information :
organisationnel :nous
avons envisagé une centrale de coordination qui alimente cette circulation
de l'information, tout en administrant le réseau. Son budget a été
estimé à 1 500 000 F,
informationnel :
la solution technique est l'informatique et Internet.
Où
nous en sommes aujourd'hui ?
Tous
les membres du réseau sont informatisés et ont reçu une formation
en interne. Nous avons créé une centrale d'achat pour acheter du matériel.
A travers les réunions mensuelles liées à l'organisation, nous nous
connaissons de mieux en mieux, donc nous faisons circuler l'information
de mieux en mieux. Nous avons créé une adresse électronique identifiante
auprès de nos patients et auprès des acteurs du monde de la santé.
Nous avons créé aussi un site Internet : www.alphamedica.com
qui a deux versants : le site en lui-même, accessible à tous
et qui comporte des informations médicales générales et de prévention
et un Intranet, tourné vers la gestion et l'organisation du réseau,
secteur qui nous apparaît pour nous beaucoup plus expérimental,. Nous
avons élaboré des conduites à tenir et des protocoles thérapeutiques,
nous n'en connaissons pas du tout l'utilisation par les membres du
réseau
Le
système fonctionne, environ 25 % des membres du réseau l'utilisent
facilement, mais comme dans tous groupes, il y a une courbe de Gauss.
Ce
qui circule sur le net sont les informations organisationnelles, les
informations médicales générales et la formation médicale continue.
Nous attendons les décrets sur le cryptage pour faire circuler toutes
les informations sensibles, couvertes par le secret médical.
Cette
communication coordonnée est un préalable indispensable à la coordination
des soins. Mais celle-ci nécessite une organisation et en premier
lieu une analyse du cycle d'activité du patient dans la chaîne de
soins. Il faut repérer les points forts et les points faibles du trajet
du patient dans cette chaîne de soins afin de l'optimiser.
Cela
implique l'analyse de l'interface entre professionnels de santé, c'est-à-dire :
qui fait quoi ? qui a besoin de quoi ? Quelle relation le
professionnel de santé doit-il avoir avec le maillon le précédant
dans la chaîne de soins ? Que doit-il transmettre pour le maillon
qui va lui succéder ?
Ces
deux analyses impliquent l'élaboration d'un cahier des charges de
la chaîne de soins, autant en interne, les membres du réseau, qu'en
externe, c'est-à-dire les services hospitaliers avec qui nous collaboreront.
Au
niveau organisationnel, la centrale de coordination prend tout son
sens en animant et en facilitant cette coordination des soins avec
un standard téléphonique dirigé vers les professionnels de santé.
La
technique :
Le
préalable auquel nous attachons une grande importance, c'est la sécurisation
des moyens d'information sur un plan éthique et déontologique.
La
pierre angulaire de la coordination des soins, c'est le dossier médical
partagé. Nous savons qu'il n'existe pas encore, nous en connaissons
les difficultés en termes d'accès d'utilisation et de partage, nous
espérons qu'un développeur s'attellera à la tâche. Le prix d'un dossier
médical partagé est extrêmement élevé, plus de 100 millions de
francs. Nous commencerons quand le cryptage sera là par le courrier
électronique, peut-être cela sera-t-il suffisant ? Dans ces cas là,
le dossier médical partagé sera ce qu'on appelle aujourd'hui une fausse
vraie bonne idée.
Aujourd'hui,
malgré l'absence de cryptage, nous avons quand même développé quatre
actions de coordination des soins.
L'ouverture
d'Urgence Alpha Médica en juin :
Les
urgences médicales de Paris nous ont rejoints et vont traiter un numéro
de téléphone dirigé vers les patients et une adresse électronique
dirigée vers les professionnels de santé. Le patient téléphone à ce
numéro, il est repéré en tant que patient consultant un membre du
réseau.
Lurgentiste
intervient selon des protocoles d'intervention élaborés entre l'Urgence
Médicale de Paris et le réseau. L'adresse électronique en direction
du professionnel de santé servira à avoir des contacts avec Urgence
Alpha Médica et prévenir les urgences d'un éventuel problème médical
par lequel il pourrait être interpellé.
le
programme Vaccicarte :
Nous
distribuons actuellement des cartes à puce sur lesquelles sont programmés
le carnet de vaccination et les examens de prévention reconnus par
les conférences de consensus. C'est une carte à puce qui est à la
croisée de la communication coordonnée et d'une ébauche du dossier
médical partagé.
Troisième
action : une maison de retraite nous a demandé de prendre en
charge la santé de ses résidants.
Nous
faisons un projet expérimental de coordination des soins en interne,
c'est-à-dire que nous étudions la façon dont le réseau peut intervenir
dans cette maison de retraite. Il y a certains problèmes juridiques
et déontologiques qui sont actuellement à l'étude. Ce projet commencera
en octobre prochain.
Pourquoi
tout ce travail, quel est l'intérêt du réseau ?
Au
niveau du professionnel de santé : une organisation de son travail
et une qualité de services optimisées.
- Au
niveau de l'informationnel : intégrer l'informatique dans sa pratique
quotidienne, le faire participer au mouvement d'adaptation de la
médecine de la société post-industrielle à la société informationnelle.
- Au
niveau financier : bénéficier d'un effet groupe, avec la centrale
d'achat, puis développer, pourquoi pas, des formes de rémunérations
annexes avec d'éventuels partenaires.
- Au
niveau social : le réseau structure un monde social.
- Au
niveau économique : le réseau participe à la maîtrise médicalisée
des dépenses de santé à travers la qualité.
L'intérêt
du patient, du professionnel de santé et de la société seront évidemment
évalués. Les exposés précédents ont fait part des difficultés d'évaluation
dans les réseaux. Nous attendons des partenaires qui nous proposerons
des outils d'évaluation afin de progresser.
M.
Jean-Pol DURAND :
Je
vais sans doute vous poser une question candide, comment estimez-vous
qu'un dossier médical partagé coûte 100 millions de francs ?
Il existe aujourd'hui de nombreux logiciels que l'on peut se partager.
Dr
Jacques DRUSCH :
En
premier lieu ils ne sont pas communicants et ensuite il est nécessaire
d'avoir une base d'archivage.
M.
Jean-Pol DURAND :
Ils
ne sont pas communicants avec la majorité des logiciels aujourd'hui,
mais la nouvelle génération aux normes européennes que l'on voit arriver,
change la donne.
Dr
Jacques DRUSCH :
C'est
au niveau de l'archivage, au niveau de la base de données. Je ne suis
pas informaticien. Celui qui s'occupe de l'informatique dans le réseau
pourrait mieux vous répondre à ma place. Mais nos partenaires nous
disent qu'il est toujours possible de mener une réflexion sur
le dossier médical partagé, mais que les moyens financiers ne seront
pas suffisant pour le créer.
Les
moteurs de recherche, les bases de données, les codages et les moyens
d'archivage, tout cela coûte extrêmement cher.
Dr
Alberto JUSSMANN :
Vous
avez raison. Si l'on aborde les choses d'un point de vue strictement
financier. Je pense que l'on aurait tort de se décourager. Nous autres,
médecins, pensons trop a notre activité médicale en oubliant souvent
que le monde a change. l'Internet est la pour le prouver, et les possibilités
de financements existent. Si vous visitez le site de Business Angels
vous allez trouver des gens qui sont d'accord pour vous financer.
Ce ne sont pas des institutionnels mais des prives qui ont beaucoup
d'argent et qui investissent dans les idées. C'est toute l'histoire
des start up. Je suis actuellement dans une phase de bouillonnement.
Parce que nous avons pratiquement les D.I.R., nous avons déjà une
petite maquette de ce que nous voudrions faire, nous cherchons des
financiers. Ou vous avez l'accord de Business Angels qui a la surface
de Bill Gates ou vous vous adressez à des institutionnels, par exemple
France Télécom. Microsoft, par exemple, vient de se lier avec AT&T.
Mais il est évident que le dossier médical partage va faire appel
a des structures, a une logistique qui est extrêmement lourde. Si
vous essayez de faire un dossier médical partage dans un quartier
de Paris, vos chances sont compromises. De plus vous allez devoir
faire face au problème des comptabilités. Je commence à connaître
un tout petit peu les mécaniques de l'informatique, les monopostes,
c'est-à-dire les excellents logiciels que l'on nous vend, que l'on
met dans le lecteur de CD-Rom, ne communiquent pas ensemble, c'est
ce que l'on a constaté au dernier Medec. Il est impossible, par exemple
de faire converser Hellodoc et Eglantine. Or, que veut le médecin
aujourd'hui si ce n'est précisément communiquer ? Alors pourquoi ne
pas utiliser la vitesse de travail d'Internet pour avoir une communication
en temps réel ?Quant a l'argent, a mon avis, ce n'est pas un frein.
Les médecins n'ont jamais le bon discours au point de vue argent,
ca ne fait pas partie de notre culture. Mais il ne faut pas hésiter
aujourd'hui a reprendre notre destin en main, pour trouver des financements
si l'on est sur de son projet.
Intervenant
:
Le
système Arcol, c'est trois ans de travail, c'est un opérateur qui
rassemble des groupes, et qui coûte effectivement plus de 100 millions
de francs. J'ai pu tester ce système, qui fonctionne pas mal. Mais
de toute façon, de nombreux autres vont bientôt apparaître.
Dr
Jacques DRUSCH :
Il
y a actuellement douze expérimentations en Suisse et en Europe. Il
y a un programme qui s'appelle GEHR, au niveau européen qui est en
train d'être testé, et qui pose énormément de problèmes. Mais le problème
ne vient pas du financement mais de la conception. Mais je ne peux
pas vous en dire plus.
Dr
Alberto JUSSMANN :
Je
voudrais simplement que vous reteniez que le réseau n'est pas que
l'outil informatique, c'est un rassemblement de professionnels de
santé qui veulent travailler ensemble et donc qui espèrent se développer
dans ce sens avec l'outil informatique. Des qu'on a le cryptage, on
communique avec des procédures qui seront mises en place.
Docteur
Alberto JUSSMANN
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