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ACTES
DEUXIEME JOURNÉE La formation à l'évaluation
Je suis un cardiologue libéral et je m'occupe par ailleurs d'une association de formation médicale continue en cardiologie. Je travaille à la fois avec le privé et le public, et j'ai été l'un des rares médecins libéraux à avoir assisté à toutes les réunions du SROSS II et Dieu sait qu'il y en a eu en fait et Dieu sait qu'elles ont été redondantes pour certaines d'entre elles. C'est à la suite de la dernière réunion du SROSS II, qui portait sur ce sujet, que Madame ORDENNER m'a suggéré l'idée d'un réseau ville-hôpital. Pourquoi pas ? Le problème cardiaque devient prépondérant du fait de l'augmentation de patients âgés et des accidents cardiaques. Je suis l'un des rares orateurs de cette journée à ne pas avoir un réseau de soins à présenter. La formation et l'évaluation interne d'un réseau de soins est l'une des questions les plus difficiles à résoudre. Les économistes de la santé que j'ai contactés m'ont dit : "Rassurez-vous, je pense qu'il n'y aura pas beaucoup de questions du fait de l'absence de textes officiels là-dessus, en fait ça sera en fonction de l'expérience de chacun que pourra se faire la formation à l'évaluation interne d'un réseau." La formation et l'évaluation interne est un élément essentiel à la pérennité d'un réseau et nécessitent le recours aux acteurs de santé impliqués dans la dynamique de ce réseau. Cette évaluation doit être réalisée sur des pratiques collectives et non individuelles, et sera fondée sur le respect des protocoles initialement définis. La formation des acteurs de santé pour évaluer le fonctionnement collectif du réseau apparaît ainsi comme étant un élément moteur du réseau de soins. Comment participer à l'évaluation du réseau de soins ? Elle repose sur les bonnes pratiques médicales, qui ont été collectées dans le recueil de l'évaluation des pratiques au sein de l'ANAES, et par ailleurs les RMO vont nous servir de base à l'établissement de ces protocoles, dans la mesure où le réseau de soins est également considéré comme une nouvelle pratique médicale. Cette évaluation interne apparaît comme un outil qui semble avoir le plus d'impact sur la rapidité d'évolution du réseau. Elle permet de réfléchir à son évolution, à sa pertinence par des professionnels de santé motivés, permettant ainsi de faire le point régulièrement et de proposer des améliorations. Tel médecin proposera un nouveau protocole issu de travaux de recherches épidémiologiques, telle infirmière fera partager son souci d'améliorer la qualité de vie du patient par un nouveau protocole validé. L'essentiel est qu'un regard extérieur ou nouveau permette à l'ensemble des professionnels de santé de prendre du recul par rapport à leur pratique. La formation des acteurs de santé est bien entendu technique, mais surtout transprofessionnelle parce qu'elle permet à chacun des acteurs de santé, qu'il s'agisse de médecins, d'infirmières, d'assistantes sociales, de kinésithérapeutes, d'éducateurs, d'aides soignants, d'apprendre à bien connaître son rôle. En troisième lieu cette formation des acteurs de
santé entend évaluer le fonctionnement collectif du réseau. Cela fait
appel à deux notions : celle de coordination, et celle de coopération.
Cette communication se fera par l'intermédiaire d'un ou plusieurs coordinateurs, tout en sachant que la fonction de coordination comporte quatre éléments : - la régulation des patients entre différents membres du réseau, - la coordination des professionnels concernant la formation et la qualité de leur pratique avec élaboration des protocoles, réunions de formation médicale continue, présentation des litiges, réunion de présentation clinique avec, bien entendu, tout le problème étant la discussion du maintien à domicile des patients et la proposition de soins afin d'éviter les hospitalisations itératives ; - une réflexion stratégique pour faire évoluer ce réseau, le développer, envisager ses orientations futures, sa relation avec les institutions environnantes et une recherche du financement, bien entendu, qui pose des gros problèmes. - l'évaluation Si la première de ces fonctions peut être confiée à un médecin ou à une infirmière, les trois autres fonctions seront régulées au mieux par un comité de coordination regroupant différents types de professionnels. Enfin, pour conclure mon propos, quelles sont les
perspectives d'avenir ?
Ces réseaux de soins nécessitent une méthode nouvelle de travail dans le cadre, d'une part, d'une pratique collective centrée sur le patient, d'une coopération ville-hôpital et surtout d'une labellisation des réseaux passant par une charte de qualité, et la voie serait ainsi ouverte entre les conventions constitutives entre acteurs de soins que sont les réseaux, et offreurs de soins, la CPAM ou l'ARH. Mais malheureusement, de nombreuses questions restent en suspens. Le problème de l'éthique lié au secret professionnel, le problème de se doter au nom d'une personnalité morale type association loi 1901, et surtout l'entreprise chronophage représentée par le réseau, avec le problème de la rémunération des acteurs du réseau et le problème des enveloppes ville hôpital et leur répartition. En fait la formation et de l'évaluation pourraient être améliorées par l'outil informatique et on le verra tout à l'heure avec le produit SICAR du Dr Alain SEBAOUN, et la constitution de méta réseaux permettant les échanges afin de garantir une meilleure qualité de soins, un juste coût dans une probable politique de restriction budgétaire.
Docteur Patrick ASSYAG
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