CHAPITRE I COMPRENDRE LA DÉMOGRAPHIE MÉDICALE DE LIle-de-France
Une population inégalement répartieLIle-de-France est de loin la région la plus peuplée de métropole. Elle rassemble 18,8% de la population avec, selon lINSEE, environ 11 040 000 habitants en 1996 (INSEE/Modèle Omphale M18). A titre de comparaison, la deuxième région française par sa population, RhôneAlpes, compte un peu plus de 5 millions de personnes. La population dIle-de-France présente des caractéristiques particulières (Chiffres recensement 1990) :La proportion de personnes de plus de 60 ans est plus faible quen moyenne nationale, 15% contre 19%. Les franciliens ont également une démographie plus dynamique, le taux de natalité est de 1,83 enfant par femme en Ile-de-France contre 1,78 en moyenne nationale. Les projections démographiques récentes de lINSEE confirment cette tendance. Les franciliens ont, en outre, un revenu plus élevé en moyenne que le reste de la population française.Ainsi, la proportion de personnes bénéficiaires dune allocation en raison de la faiblesse de leurs ressources est moins importante dans la région quen moyenne nationale. La population de lIle-de-France est inégalement répartie sur le territoire de la région. Paris est aujourdhui et de loin le département le plus peuplé, il concentre à lui seul 19% de la population, le ValdOise avec 10% est le département au plus faible nombre dhabitants (Voir carte cicontre). Mais les départements les plus dynamiques sont situés en grande couronne. A terme, le poids démographique des départements de la région va être profondément bouleversé. Les départements les plus peuplés dans une dizaine dannées seront probablement en lointaine périphérie. Une population plus jeuneLa projection démographique Omphale de lINSEE permet de rendre compte des évolutions probables de la démographie francilienne à lhorizon 2020, si les tendances actuelles se poursuivent. Selon ce scénario, la population dIle-de-France verrait sa population continuer à croître. LIle-de-France rassemblerait ainsi 19,3% de la population française en 2015 contre 18,8% en 1990. Par ailleurs, cette croissance de la population est répartie inégalement entre les départements franciliens (Voir la carte cidessous). En 2020 la Seine et Marne sera probablement le département le plus peuplé dIle-de-France. La proportion des moins de 20 ans baissera sans doute lentement durant cette période. En 1990 les moins de 20 ans représentent 27,4% de la population francilienne soit 0,4% de moins que le moyenne nationale. En 2015, cette proportion tomberait à 25,3%, tandis que la moyenne nationale sétablirait à cette date à 23,4%. LIle-de-France supporte un vieillissement moins marqué de sa population quen moyenne nationale. La part des plus de 60 ans passerait de 15 à 18,5% entre 1990 et 2015, mais à cette date la moyenne nationale serait de 25%. En conclusion, la région Ile-de-France est et demeurera probablement dans lavenir une région démographiquement dynamique. Sa population va subir le vieillissement généralisé qui frappe lensemble des pays européens. Néanmoins si la population âgée va croître, son poids relatif restera inférieur à la moyenne nationale. Population francilienne en 1996
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![]() Un niveau de vie supérieur à la moyenne nationale LIle-de-France, en 1995, a un taux de chômage inférieur de 1,2% à la moyenne nationale avec 11% de sa population sans emploi. La région bénéficie dune population active occupée, plus importante que la moyenne des autres régions françaises. Avec 13% de la population à la retraite contre 16% à léchelle nationale et un poids plus important des étudiants. Ainsi, seulement 28% des franciliens sont sans activité professionnelle, selon le recensement général de la population de 1990, contre 31% en moyenne nationale. Au sein de la population active francilienne les CSP dites "supérieures", ayant un revenu plus élevé que la moyenne des salariés, sont fortement représentés. Les cadres et professions intellectuelles représentent 10% de la population dIle-de-France contre seulement 5% en moyenne nationale. LIle-de-France rassemble 37,8% des cadres. Les professions intermédiaires comptent pour 11% de la population francilienne contre 8% en France, les employés 15% de la population contre 12% dans le pays. En revanche, les ouvriers, les agriculteurs, les personnes sans activité professionnelle sont moins nombreuses. En conséquence, le revenu moyen par habitant est plus élevé en Ile de France que dans lensemble des autres régions françaises. Selon lORS, en 1993 le revenu moyen déclaré par contribuable sélevait à 111 065F contre 84 563F en moyenne nationale. Néanmoins 280 000 personnes touchaient en 1994 des allocations attribuées endessous dun certain niveau de ressources. Depuis 1989, le nombre dallocataires du RMI a augmenté de 300% et lexclusion des soins demeure un problème crucial dans la région. Ces caractéristiques sobservent particulièrement bien dans certains départements, notamment Paris. * Le département parisien est le plus atypique par rapport à la moyenne française en ce qui concerne la répartition de la population par CSP, tout comme la démographie médicale. Les cadres représentent 16% de la population, soit plus de 3 fois plus quen moyenne nationale. Les ouvriers ne représentent que 8% de la population, contre 13% en France. La part de la population sans activité professionnelle natteint que 22%, contre 31% dans le reste du pays. Ceci a évidemment des conséquences sur le niveau du revenu moyen dont dispose la population parisienne. Les modes de consommation de soins sont certainement influencés par cette spécificité. CONCLUSION Les caractéristiques spécifiques de la population francilienne varient selon les départements, Paris en est souvent lexemple type. Ces différents traits ont des conséquences sur la consommation de soins. Dans un système de santé concurrentiel, la densité médicale régionale particulièrement forte dans le centre de lIle-de-France doit sexpliquer en tenant compte des facteurs que nous avons ici très brièvement exposés. |