E-MEDECINE, L'URML IDF
VOUS DONNE LA MAIN
Salon du Medec 14 mars 2001
2- LES RESEAUX ET LES CARTES : comprendre le labyrinthe
Alain ROBINET,
modérateur de cette intervention rappèle les termes employés dans
les précédentes intervention : Internet, réseau internumérique, intranet,
sécurisation, cryptage, chiffrage, interopérabilité. L'intervention
de Gilles TAIB concernera cette sécurité à travers la Carte de Professionnel
de Santé.
LA SECURITE DES ECHANGES ET LA CONFIANCE
DANS LES ECHANGES ELECTRONIQUES DANS LE DOMAINE DE LA SANTE
Gilles TAIB, directeur GIP
CPS
La constitution au niveau mondial d'un réseau Internet
de plus de 300 millions d'utilisateurs en 2001 conduit dans tous les
domaines de notre société, qu'ils soient économiques, sociaux, politiques
ou culturels, à une refonte complète des modes relationnels et des
systèmes d'organisation.
Le secteur de la Santé est concerné au premier chef
par cette évolution et se trouve dès aujourd'hui confronté à un bouleversement
majeur de l'exercice médical.
Une récente communication de la CNIL
met l'accent sur l'e-santé, les projets qui s'y développent et sur
l'absence totale de confidentialité comme de sécurité de ces applications.
Nous pouvons identifier quatre axes principaux au
développement de l'informatisation dans le secteur de la santé :
1 - L'amélioration du processus de gestion administrative
et financière.
La première, et principale, application est la carte
SESAM-VITALE.
Le moyen est la dématérialisation des Feuilles de Soins Electroniques
(FSE).
Les acteurs en sont les régimes d'assurance maladie
- obligatoire et complémentaire - et les professionnels de santé libéraux.
Le secteur hospitalier en étant totalement exclu, ces derniers faisant
l'objet d'autres procédures administratives.
Les outils de base en sont la CPS pour les professionnels
de santé, la carte vitale pour les patients et internet pour les échanges
électroniques (FSE).
2 - Le partage de l'information médicale entre tous
les intervenants à la prise en charge du patient, en particulier dans
le cadre des développements et de la mise en œuvre des réseaux de
soins, du dossier médical en ligne ou encore pour les prescriptions
en ligne.
L'ensemble des acteurs du système de soin est concerné.
Les outils de base en sont l'Internet pour les échanges,
la carte CPS pour l'authentification des intervenants et la confidentialité
des échanges.
La question du rôle futur de la carte vitale se pose
dès aujourd'hui. La carte vitale 2 aura t-elle une "place et un rôle"
pour permettre au patient d'accéder à son dossier médical ?
3 - La mise en place de systèmes d'information de
Santé Publique et de sécurité sanitaire (veille sanitaire, enquêtes
épidémiologiques, essais thérapeutiques préalables à la mise sur le
marché de nouvelles molécules…).
Les acteurs du secteur de la santé, agences de vigilance
sanitaire et les industriels pharmaceutiques sont concernés en premier
lieu.
Les outils de base sont à nouveau Internet et la
CPS.
4 - Le développement de l'accès en continu à l'information
et à la connaissance pour les acteurs du système de soins.
En matière de publicité sur les médicaments par
exemple, le SNIP
et l'Agence Française
de Sécurité Sanitaire ont récemment émis une charte demandant
aux industriels du médicament de vérifier la qualité des personnes
ayant accès aux informations.
Ainsi, les outils de base sont l'Internet et la CPS
quand il y a un besoin d'authentification de l'internaute.
De cette analyse rapide et simplifiée nous pouvons
retirer un certain nombre d'enseignements
1 - L'ensemble du système d'information de santé
n'est pas défini par une seule entité. Il s'agit d'une multitude d'applications
mises en œuvre par différents acteurs, d'importance très hétérogène
et ayant, pour nombre d'entre eux, une grande autonomie de décision
;
2 - Le patient est au centre du système d'information,
mais le professionnel de santé est un acteur incontournable du système
d'information ;
3 - La sécurité des échanges, l'intégrité des informations
sont au cœur de toute politique d'informatisation. Elle doit se concevoir
dans un souci permanent de simplification pour le professionnel de
santé, mais également d'interopérabilité vis à vis des réseaux (respect
de l'indépendance des choix des professionnels de
santé) ;
4 - Les choix technologiques doivent respecter les
standards internationaux afin de garantir l'interopérabilité sur le
plan technique, et la pérennité des investissements de chacun des
acteurs du secteur ;
La
carte de professionnel de santé :
La Carte de Professionnel de Santé garantit, dans le respect de la
nouvelle réglementation en matière de signature électronique, de l'état
de l'art de la cryptologie et des libertés individuelles :
-
L'identification du Professionnel de
Santé et de sa qualité (médecin, pharmacien…) et l'authentification
dans le cadre du système de santé, ce qui permet, au niveau de
chaque application mise en œuvre, de définir les droits associés
(habilitations et niveaux d'accès à l'information) conformément
à la loi "Informatique et Libertés" ainsi que la traçabilité des
accès;
-
La confidentialité dans tous les échanges
d'information par la mise en place :
-
D'un mécanisme général de signature
et de chiffrement permettant à chaque
professionnel ou responsable d'autorité sanitaire, de sécuriser
les messages qu'il envoie à destination d'autres professionnels
dûment identifiés (Messagerie Sécurisée) ; ce mécanisme s'applique
également aux Feuilles de Soins Electroniques (Sesam-Vitale)
-
D'une solution "standard internet" permettant à tout porteur
de carte CPS de se connecter en toute sécurité à un serveur
dûment identifié (reconnaissance mutuelle du Professionnel de
Santé et du serveur applicatif, confidentialité et intégrité
des informations échangées). Cela s'appelle de la sécurisation
d'échanges ou de flux. Les vérifications sont réalisées de façon
transparente par rapport aux informations contenues dans l'annuaire
du GIP CPS
des porteurs de cartes CPS.
-
L'interopérabilité permettant le dialogue
entre tous les intervenants du système de santé et cela quel que
soit l'environnement informatique, l'opérateur de réseau ou les
applications utilisées par chacun.
Pour réaliser cela, le système CPS s'appuie sur les standards de
sécurisation de l'internet :
-
Flux sécurisés : SSL/TLS
SSL (Secure Socket Layer) : protocole normé permettant de mettre
en place des mécanismes de sécurité sur des données transmises
sur Internet. TLS (Transport Layer Security) : nouvelle version
remplaçant SSL.
-
Messagerie sécurisée : S/MIME
S/MIME (Secure/Multipurpose Internet Mail Extensions)
-
Certificats de signature et de confidentialité : X.509
X.509 : profiles des certificats et des listes de révocation
-
Annuaire des porteurs de cartes CPS : LDAP - X.500
LDAP (Lightweight Directory Access Protocol)
X.500 : profile de structure d'annuaire
-
Protocole de communication : TCP/IP
TCP/IP (Transfert Control Protocol / Internet Protocol) Principal
protocole de contrôle de transmission par "paquets" utilisés pour
l'Internet
La situation
actuelle :
Nous avons distribué, aujourd'hui, en France plus de 300.000 cartes
de la famille CPS. 55% des professionnels de santé libéraux disposent
de leurs cartes, dont environ 70% de médecins et plus de 80% de pharmaciens.
Ceci est important, mais il est indispensable d'organiser leur diffusion
pour les professionnels de santé dans les établissements de soins
pour permettre la mise en œuvre d'échanges électroniques sécurisés
pour tous les professionnels de santé.
Sur un plan technologique, le système CPS a été conçu en 1993, à
une époque où Internet n'était pas encore une réalité " grande publique
". En septembre 2001, le système CPS sera, totalement, conforme aux
standards de sécurisation de l'internet et ceci en toute transparence
pour les professionnels de santé. Cette évolution majeure permettra
la mise en œuvre de nouveaux services " applicatifs " pour les professionnels
de santé, sans pour autant qu'ils aient à intervenir au niveau de
leur poste de travail ou encore changer leurs cartes.
DISCUSSION :
Alain ROBINET souligne l'importance
de l'annonce faite par Monsieur Taib concernant la prochaine standardisation
à Internet de la carte CPS.
- Alain ROBINET
: la carte à puces constitue t-elle le meilleur système de signature
et d'authentification ?
Gilles TAIB : Ce système est le meilleur actuellement,
mais des évolutions sont à prévoir. Actuellement, les USA comme l'Europe
se tournent vers des supports à carte à puce. Ce support n'assure
pas l'interopérabilité mais ce sont les données. Il s'agira alors
de créer des certificats assurant la garantie. Un standard international
existe aujourd'hui pour ces certificats (standard de l'IETF, regroupant
tous les industriels de l'Internet). La carte à puces assure la responsabilité
du porteur, notamment pour la signature électronique.
- la CPS 2 bis étant disponible pour l'été 2001, le professionnel
de santé non équipé doit-il attendre cet été ou peut-il demander sa
carte CPS dès
maintenant ?
Gilles TAIB : Si le professionnel de santé
juge utile de demander sa carte des maintenant, cela est toujours
possible. La transparence sera de toutes façons assurée par le GIP
CPS et le changement sera totalement transparent pour les professionnels
de santé, qu'ils soient titulaire d'une CPS 2 ou d'une CPS 2bis.
La différence entre ces cartes est la suivante : les cartes actuelles
assurent une interopérabilité franco-française. La CPS 2bis assurera
en plus l'interopérabilité au niveau international.
Jean-François
THEBAUT : qui paiera le coût de la délivrance des certificats
?
Gilles TAIB : Actuellement, le coût de 50
francs par an est assuré par la CNAM en ce qui concerne les professionnels
libéraux.
Ce coût comprend la carte, la gestion de cette carte ainsi que les
certificats propriétaires qui y sont associés.
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