E-MEDECINE, L'URML IDF
VOUS DONNE LA MAIN
Salon du Medec 14 mars 2001
1 - LA CHARTE QUALITE INFORMATIQUE DE L'URML-IDF
Jean François
THEBAUT, modérateur de cette première intervention rappelle que
l'informatique ne doit pas être vu comme une contrainte mais comme
un outil au service des praticiens et de la santé des patients. L'informatique
aide à la pratique médicale, notamment par les dossiers patients.
Le dossier médical est un outil communicant avec les autres professionnels
de santé et le sera un jour avec les patients. Cette évolution suivra
avec le développement d'Internet, pour la communication des informations
et des images. Les dossiers patients, anciennement faits artisanalement
par le médecin, ont évolué et on est passé au stade réellement industriel.
C'est pourquoi l'Union des médecins s'est attachée à élaborer un cahier
des charges. Cette charte permet aux industriels de connaître les
besoins des praticiens et de fabriquer des produits qui colleront
aux besoins exprimés.
LA CHARTE QUALITE INFORMATIQUE OU LES QUATRE POINTS
CARDINAUX
Marc
SYLVESTRE, Psychiatre, élu et membre de
la commission informatisation de l'URML-idf.
En matière d'informatique, un sentiment d'exclusion
est souvent ressenti, chez les utilisateurs comme chez les médecins
qui se sentent hors du système. Les inquiétudes sont généralement
externalisées, le professionnel rejetant la faute sur lui-même. C'est
pourquoi une rencontre entre les médecins et les professionnels du
logiciel est nécessaire.
L'informatique évolue et s'intègre progressivement dans le monde médical.
Pourtant bien des médecins n'ont pas de contact ludique avec leur
logiciel.
La charte a ainsi pour but de construire des bases communes avec les
éditeurs de logiciels. Cette charte qualité informatique se compose
de quatre points :
-sécurité et cohérence du système informatique
-flux d'information
-bases de données et responsabilité
-qualité et prestations de services
La sécurité et la cohérence du système informatique
constituent une exigence primordiale. L'accès aux informations médicales
doit être sécurisé, et des sauvegardes doivent être prévues. Tout
accès aux données par le prestataire qui sera chargé de la maintenance
doit être sécurisé. Le secret professionnel doit être sauvegardé.
Le paramétrage doit également recevoir une protection spécifique.
De plus, les médecins eux-même doivent être sensibilisés à l'importance
de la sécurité informatique (sauvegardes régulières, changement régulier
du mot de passe…)
En matière de flux d'informations, la sécurisation des échanges est
une nécessité. Pour cela, des protocoles standardisés sont requis.
Pour le renouvellement du parc, l'interopérabilité doit être garantie.
Aussi, la concentration et l'extraction des données constituent le
principal facteur qualité de la pérennité des réseaux informatiques,
et permettent d'améliorer la qualité de l'activité médicale (si un
retour des données a lieu).
Bases de données et responsabilité. La garantie de
l'origine est nécessaire. Les logiciels doivent aussi répondre à des
critères de conformité aux obligations légales et réglementaires.
Le dernier point de cette charte concerne la qualité
et les prestations de service. L'assistance du prestataire devra être
opérationnelle et rapide, notamment en raison des contraintes de délai
imposées par la télétransmission. Les éditeurs, à l'écoute des besoins
du médecin assurent l'évolution du matériel, et mettent en œuvre des
fonctionnalités nouvelles à la demande d'un nombre significatif de
médecins. Le marché du PC entre dans une période de vaches maigres,
mais l'informatique médicale est en évolution. Ainsi, dans le cadre
de cette évolution, la charte doit être un catalyseur de dialogue
entre médecins et éditeurs. L'URML-idf
dans son rôle de représentation des médecins exprimera les besoins
des médecins auprès des éditeurs.
LA QUALITE AU REGARD DES INDUSTRIELS
Yannick MOTEL,
Responsable de Marché Médecine Libérale CSK santé
Nombreux sont les groupements qui entreprennent des
démarches qualité, l'URML-idf compte parmi ceux-ci comme le prouve
l'élaboration de sa charte qualité informatique.
Les intérêts des médecins comme des industriels se
conjuguent dans ces projets, et un travail en commun s'avère profitable
à chacun.
Yannick MOTEL, en sa qualité de représentant d'éditeurs de logiciels,
énonce deux nouvelles, qu'il qualifiera l'une de bonne, l'autre de
mauvaise.
La mauvaise est qu'une volonté d'engager une démarche
qualité n'est pas nécessairement suffisante, car elle sous-tend des
moyens qui ne sont pas toujours en adéquation avec la taille et la
pratique des entreprises.
La bonne nouvelle est que cette qualité, déjà présente
chez certains prestataires, tendra à s'imposer par le biais des regroupements
d'acteurs de faible envergure au sein de structures plus importantes.
En effet, l'informatisation des cabinets médicaux passe depuis quelques
mois d'un artisanat parfois mal structuré à une dynamique industrielle.
Cette informatisation, en se généralisant, ouvre des horizons propices
aux investissements nécessaires à réalisation et au maintien d'une
offre de qualité.
Symétriquement le nombre d'éditeurs est en chute
libre. Ainsi, en décembre 1996 le
Groupement Sesam Vitale avait remis plus de 1000 exemplaires de
son cahier des charges aux éditeurs intéressés. A ce jour, et sans
en tirer plus de conclusions, seuls une vingtaine d'entre eux sont
agréés avec la dernière mouture, alors qu'un pôle de 3 ou 4 grandes
entreprises, coutumières de la démarche qualité, semble émerger.
Ainsi, la qualité viendra naturellement par l'industrialisation
des pratiques, et assurera aux médecins des outils plus fiables et
mieux adaptés à leur pratiques, notamment en matière d'échanges de
données structurées. Les industriels seront d'ailleurs vigilants à
accompagner les praticiens dans les évolutions fonctionnelles.
Les éditeurs sont sensibles à cette charte et sont
prêts à engager une étroite concertation pour aboutir à une offre
qualifiée.
DISCUSSION
- Alain SEBAOUN
: L'URML-idf a mené une enquête informatique sur l'Ile-de-France,
qui montre que 70 % des médecins sont équipés. Beaucoup donc restent
non équipés. Comment alors choisir son logiciel parmi la multitude
de produits existants ?
Les petits éditeurs ont -ils une pérennité ? Quel degrés de qualité
assurent-ils ?
Yannick MOTEL : Les logiciels demandent des fonds
importants et financièrement la société doit pouvoir en assumer les
contraintes. Actuellement deux groupes représentent 8 éditeurs de
logiciels donc l'évolution favorise ces groupes. Toutefois, génie
et besoins industriels ne sont pas incompatibles.
- Henri-Antoine
VACHER : Les besoins spécifiques d'interopérabilité dans
les différents réseaux sont-ils pris en compte par les éditeurs ?
Yannick MOTEL : Les médecins sont les architectes
de ces projets et les éditeurs font sur commande selon les indications
des médecins. Les éditeurs construiront en fonction des besoins ressentis
et énoncés des médecins.
- Editeurs construisent les " machines " et les
médecins veulent une concordance entre les utilisations. Mais aussi,
Cegetel-RSS
et France
Telecom peuvent utiliser des systèmes de cryptage assurant la
confidentialité des textes et c'est aux médecins de le demander. Après,
l'application de cette demande dépendra de l'accord que feront ces
deux sociétés. Les médecins doivent demander des systèmes leur permettant
de rester indépendants.
Aux USA, le système SLS permet de coder et chiffrer et d'avoir des
boites aux lettres contenant du texte codé Or, les rivalités existantes
entre France Telecom et Cegetel impose des normes qui sont loin de
correspondre avec ce système SLS.
Yannick MOTEL : ce type de système sera bientôt
accessible puisqu'un récent accord a été conclu entre France
Telecom et Cegetel,
visant à décloisonner les systèmes.
- Quel est l'avenir de la micro-informatique pour
les dossiers partagés ?
Yannick MOTEL : Des mutations
sont possibles avec des dispositifs mobiles tels que les palms, et
pocketPC et demain, ces dispositifs permettront de consulter à distance
un dossier médical. L'évolution dans ce sens est à venir.
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