E-MEDECINE, L'URML IDF
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Salon du Medec 14 mars 2001


4 - CYBER MEDECINE CONTRE MEDECIN TRAITANT ?

Gérard ZEIGER, modérateur de cette intervention, introduit les propos en soulignant que l'évolution de la relation médecin-malade est liée aux modifications techniques et sociologiques.
Le développement de l'Internet pose des questions légitimes. L'information du patient est primordiale et les patients veulent être informés. Les sites santé peuvent alors améliorer la relation médecin malade et faciliter l'éducation sanitaire. Ces sites sont également une source d'information pour les professionnels.
Le développement de l'Internet pose ainsi le problème des limites de l'information patient et celles de l'information médecin.

 

Alain ChASSORT, secrétaire général adjoint du
Conseil National de l'Ordre des Médecins

Le caractère relationnel de la médecine varie peu, et ce même actuellement avec le pouvoir que donnent les nouvelles technologies. Celles-ci doivent être un moyen et non une fin en soi.
Dans ce contexte, des milliers de sites se développent, s'adressant aussi bien aux patients, qu'aux professionnels et parfois aux deux. Les flux médecins-usagers ne sont pas encadrés, que les données communiquées soient médicales ou non.
L'Ordre des Médecins se doit alors de rappeler les règles déontologiques qui s'appliquent aux nouvelles technologies de l'information.
La qualité des utilisations d'Internet doit être encadrée, notamment car l'usager se retrouve seul face à ces sites.

Le problème de la frontière entre information et conseil se pose aussi.

Aux USA, l'utilisation de logiciels via Internet s'avère bénéfique. Le patient y consigne régulièrement les informations concernant sa tension, sa glycémie…et apporte ces informations à son médecin qui aura alors une vision générale et complète de son état.
Le réel problème serait la consultation en ligne, l'examen clinique demandant un contact.
L'Ordre des médecins souhaite alors un respect des concepts, plus que des structures dont les médecins sont méfiants (Etat, caisses d'assurances maladie…) Le code de déontologie s'applique à l'Internet et tout médecin donnant un avis médical sur le net voit sa responsabilité personnelle engagée.

Le CNOM a publié un annuaire des médecins aptes à exercer. Cet outil sera complété cette année par une boite électronique au nom medecin.fr. Ce projet requière un travail important, les ordres départementaux participeront activement à ce projet.
Toute adresse medecin.fr sera donc automatiquement celle d'un médecin apte à exercer.
Sur la notarisation des données médicales, un projet d'association avec la Direction Générale de la Santé veillant à la qualité des sites en e-santé et la gestion des données médicales est en cours. L'association " Ethique et qualité en e-santé " créera des référentiels qualité et délivrera des certificats.

 

APPORT DES NOUVELES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION AUX MEDECINS

Michèle BARZACH, Présidente de c-votre-santé

La cyber-médecine n'est pas envisageable car pour consulter un médecin doit être en contact avec son patient, le voir et le toucher.
Actuellement, les patients recherchent l'information et la qualité de cette information, et de plus en plus, cette recherche s'oriente vers l'Internet.
Parallèlement, l'exercice médical est en mutation : responsabilité médicale, sécurité sanitaire, modernisation des pratiques, consentement éclairé du patient…
En tout état de cause, l'Internet constitue des canaux de distribution de l'information et ne remplace en aucun cas le médecin.

C-votre-santé, est une entreprise de services qui aide les patients à se retrouver dans cette mouvance du secteur sanitaire et social. Il constitue aussi un assistant virtuel du médecin. L'information y est organisée et validée par des médecins. Il ne s'agit pas d'une consultation, ni de cellule de conseil médical.
Ce site se veut indépendant des acteurs de la santé, notamment de l'industrie pharmaceutique et des assurances, pour des rasions de respect des règles éthiques.

Quel est l'apport des nouvelles technologies de l'information ?
Ces technologies, qui sont actuellement Internet et qui seront demain le wap, la télévision interactive, complètent l'information donnée par le médecin, proposant une information claire et validée.
De plus, ils se présentent comme un assistant du médecin , confronté à des problèmes sociaux de ses patients, notamment la dépendance , problème de droits sanitaires...
Pour les réseaux de soins, ces technologies permettent aussi de rompre l'isolement des acteurs.
Pour finir, en matière d'archivage et de gestion des données, l'informatisation prend tout son intérêt.

Ces techniques nouvelles doivent ainsi s'organiser dans une optique d'amélioration de la qualité des soins.

DISCUSSION

- Pierre LEVY : face au vide législatif qui existe, faut-il légiférer en matière d'Internet ?
Alain ChASSORT : Oui, et cela est en cours. Un projet de loi de modernisation du système de santé prévoit l'intervention d'une loi sur l'agrément pouvant être donné aux infomédias.

- L'Internet pose bien des problèmes déontologiques. La réunion de l'AMA qui s'est tenue à Hambourg a t-elle permis de porter des conclusions ?
Alain ChASSORT : le groupe qualité en e santé mené par le conseil de l'ordre va rencontrer l'AMA ainsi que d'autres structures de réflexion à l'échelon mondial afin d'obtenir ces conclusions et de mener une réflexion commune.

URML-IDF
Mis en ligne le 25/05/01