4 - CYBER MEDECINE CONTRE MEDECIN TRAITANT ?
Gérard
ZEIGER, modérateur de cette intervention, introduit les propos
en soulignant que l'évolution de la relation médecin-malade est
liée aux modifications techniques et sociologiques.
Le développement de l'Internet pose des questions légitimes. L'information
du patient est primordiale et les patients veulent être informés.
Les sites santé peuvent alors améliorer la relation médecin malade
et faciliter l'éducation sanitaire. Ces sites sont également une
source d'information pour les professionnels.
Le développement de l'Internet pose ainsi le problème des limites
de l'information patient et celles de l'information médecin.
Alain ChASSORT, secrétaire général adjoint
du
Conseil
National de l'Ordre des Médecins
Le caractère relationnel de la médecine varie peu,
et ce même actuellement avec le pouvoir que donnent les nouvelles
technologies. Celles-ci doivent être un moyen et non une fin en
soi.
Dans ce contexte, des milliers de sites se développent, s'adressant
aussi bien aux patients, qu'aux professionnels et parfois aux deux.
Les flux médecins-usagers ne sont pas encadrés, que les données
communiquées soient médicales ou non.
L'Ordre des Médecins se doit alors de rappeler les règles déontologiques
qui s'appliquent aux nouvelles technologies de l'information.
La qualité des utilisations d'Internet doit être encadrée, notamment
car l'usager se retrouve seul face à ces sites.
Le problème de la frontière entre information et
conseil se pose aussi.
Aux USA, l'utilisation de logiciels via Internet
s'avère bénéfique. Le patient y consigne régulièrement les informations
concernant sa tension, sa glycémie…et apporte ces informations à
son médecin qui aura alors une vision générale et complète de son
état.
Le réel problème serait la consultation en ligne, l'examen clinique
demandant un contact.
L'Ordre des médecins souhaite alors un respect des concepts, plus
que des structures dont les médecins sont méfiants (Etat, caisses
d'assurances maladie…) Le code de déontologie s'applique à l'Internet
et tout médecin donnant un avis médical sur le net voit sa responsabilité
personnelle engagée.
Le
CNOM a publié un annuaire des médecins aptes à exercer. Cet
outil sera complété cette année par une boite électronique au nom
medecin.fr. Ce projet requière un travail important, les ordres
départementaux participeront activement à ce projet.
Toute adresse medecin.fr sera donc automatiquement celle d'un médecin
apte à exercer.
Sur la notarisation des données médicales, un projet d'association
avec la Direction Générale de la Santé veillant à la qualité des
sites en e-santé et la gestion des données médicales est en cours.
L'association " Ethique et qualité en e-santé " créera des référentiels
qualité et délivrera des certificats.
APPORT DES NOUVELES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION
AUX MEDECINS
Michèle BARZACH, Présidente de c-votre-santé
La cyber-médecine n'est pas envisageable car pour
consulter un médecin doit être en contact avec son patient, le voir
et le toucher.
Actuellement, les patients recherchent l'information et la qualité
de cette information, et de plus en plus, cette recherche s'oriente
vers l'Internet.
Parallèlement, l'exercice médical est en mutation : responsabilité
médicale, sécurité sanitaire, modernisation des pratiques, consentement
éclairé du patient…
En tout état de cause, l'Internet constitue des canaux de distribution
de l'information et ne remplace en aucun cas le médecin.
C-votre-santé,
est une entreprise de services qui aide les patients à se retrouver
dans cette mouvance du secteur sanitaire et social. Il constitue
aussi un assistant virtuel du médecin. L'information y est organisée
et validée par des médecins. Il ne s'agit pas d'une consultation,
ni de cellule de conseil médical.
Ce site se veut indépendant des acteurs de la santé, notamment de
l'industrie pharmaceutique et des assurances, pour des rasions de
respect des règles éthiques.
Quel est l'apport des nouvelles technologies de
l'information ?
Ces technologies, qui sont actuellement Internet et qui seront demain
le wap, la télévision interactive, complètent l'information donnée
par le médecin, proposant une information claire et validée.
De plus, ils se présentent comme un assistant du médecin , confronté
à des problèmes sociaux de ses patients, notamment la dépendance
, problème de droits sanitaires...
Pour les réseaux de soins, ces technologies permettent aussi de
rompre l'isolement des acteurs.
Pour finir, en matière d'archivage et de gestion des données, l'informatisation
prend tout son intérêt.
Ces techniques nouvelles doivent ainsi s'organiser
dans une optique d'amélioration de la qualité des soins.
DISCUSSION
- Pierre
LEVY : face au vide
législatif qui existe, faut-il légiférer en matière d'Internet ?
Alain ChASSORT
: Oui, et cela est en cours. Un projet de loi de modernisation
du système de santé prévoit l'intervention d'une loi sur l'agrément
pouvant être donné aux infomédias.
- L'Internet pose bien des problèmes déontologiques.
La réunion de l'AMA qui s'est tenue à Hambourg a t-elle permis de
porter des conclusions ?
Alain ChASSORT : le groupe qualité en e
santé mené par le conseil de l'ordre va rencontrer l'AMA ainsi que
d'autres structures de réflexion à l'échelon mondial afin d'obtenir
ces conclusions et de mener une réflexion commune.