Madame
Suzanne BEGORRE
LA
PRISE EN CHARGE A DOMICILE : BESOINS ET
ATTENTES DES PERSONNES AGEES
D'après le recensement de 1999, il y a en Ile de France
1 820 249 personnes âgées de plus de 60 ans. Elles représentent
16.6% de la population totale et se répartissent entre 14.3% d'hommes
et 18.8% de femmes. Ainsi, les femmes sont plus nombreuses à vieillir
que les hommes.
Il est difficile de parler des personnes âgées en
général, d'autant que s'ajoutent à la différence d'âge, d'autres
facteurs déterminants : santé, montant des ressources, état du logement,
composition de la famille.
S'agissant des besoins, tant qu'une personne dispose
de ses facultés intellectuelles, il lui est possible de faire appel
à des quantités d'aides. Cependant, en Ile de France, nous observons
une pénurie d' infirmières, et d'aides soignantes.
Mme BEGORRE souligne le caractère assez coûteux de la formation
des aides soignantes.
La personne âgée peut si elle le souhaite et si cela est possible
disposer d'une coordination locale. La coordination locale (CLIC
ou pas) peut être déclenchée par le médecin libéral, l'assistance
sociale, ou même le pharmacien.
La personne âgée doit savoir qui appeler en cas de problème (cf
le système de téléalarme). L'équipement en système de téléalarme
est hétérogène en Ile de France. Lorsque l'état de la personne se
dégrade, le médecin doit envisager le transfert dans un établissement
spécialisé pour un séjour provisoire ou définitif, et, ce dans les
meilleures conditions possibles. En cas de retour à domicile, celui-ci
devra être bien préparé. La personne âgée doit être associée au
choix de l'équipe soignante et devra être destinataire de tous les
renseignements qu'elle est capable de comprendre et d'assimiler
(son état de santé ).
L'habitat et les alentours doivent être rendus accessibles pour
les personnes âgées. A ce titre, la CORERPA insiste dans ce sens
auprès des collectivités territoriales.
La personne âgée est trop souvent infantilisée.
Les soins palliatifs peuvent être donnés aussi bien à la maison
qu'à l'hôpital.
La personne ne sait parfois pas à qui s'adresser, ce qui peut la
conduire inutilement aux services d'urgences.
Il doit s'établir un véritable climat de confiance
entre le médecin et le patient. Le médecin doit être capable de
comprendre ce que la personne ressent.
La personne âgée aimerait vivre dans de bonnes conditions, cela
dépendant en partie du médecin.
Conclusion :
Les personnes âgées souhaiteraient être bien soignées.
Mais en ont-elles les moyens? En cas de difficultés financières,
le médecin est-il capable d'envoyer sa patiente dans un centre de
diagnostic afin qu'elle subisse des examens? La CORERPA représente
les usagers.
DISCUSSION
Jean Pol DURAND : A quoi sert le CORERPA?
Mme BEGORRE : Un comité national des retraités
et des personnes âgées (CNRPA) a été crée en 1982 lequel était chargé
par l'intermédiaire du ministre des personnes âgées de présenter
au gouvernement les besoins.
Ont été crées en parallèle, les comités départementaux (CODERPA)
et le Comité Régional (CORERPA) où se réunissent les représentants
des associations de retraités (16 reconnues représentatives), des
professionnels (gériatres, infirmières, directeurs de maisons de
retraite, sécurité sociale).
Ces réunions ont permis de construire et de présenter des projets
aux décideurs (conseils généraux, préfecture de région).
La reconnaissance auprès des pouvoirs publics a été au début assez
difficile, notamment avec l'Agence Régionale de l'Hospitalisation.
L'ARH a mis en place pour la région un Plan Régional de santé pour
les personnes âgées (PRS).
Le Conseil Régional a décidé d'octroyer des crédits dans le contrat
de plan Etat Région pour construire ou arranger des maisons des
retraites, hôpitaux.
Jean Pol DURAND : Qu'en est-il du dialogue
avec les institutionnels?
Mme BEGORRE : Les réunions se tiennent dans
le courant de la journée, ce qui pose des problèmes de présence
pour les médecins libéraux ou hospitaliers.