Docteur
Anne Sophie RIGAUD
DEVENIR CENTENAIRE CHEZ SOI, MYTHE OU REALITE
: DE
LA RECHERCHE AU MEDICO SOCIAL, LA PLACE DE L'HOPITAL
1.Un accroissement de la population qui vieillit
Une part importante des personnes âgées vit à domicile :
- 94.3% des 60 ans ou plus vit à domicile
- 87.8% des 75 ans ou plus vit à domicile
- 80.8% des 80 ans ou plus vit à domicile
La part de cette population grossit.
Selon la tranche d'âge, on observe une tendance à l'accroissement
de la population très âgée. Leurs besoins varient selon leur âge.
(maladies différentes)
Il faut différencier le vieillissement et la maladie qui a une fréquence
croissante avec l'âge du fait de :
- augmentation de la durée d'exposition aux facteurs de risque
- modifications du vieillissement qui facilite la maladie
- allongement de l'espérance de vie parallèlement à l'augmentation
de la prévalence des maladies
- continuum entre effets de vieillissement et certaines maladies
2.L'exemple de l'hypertension artérielle :
Pour cette population très âgée, l'hypertension artérielle pourrait
avoir des conséquences différentes entre les sujets âgés
jeunes et très âgés :
Chez les sujets de plus de 65 ans :
La prévalence de ce facteur de risque augmente avec l'âge en particulier
pour la pression artérielle systolique et diastolique (risque d'accidents
cardio-vasculaires et vasculaires cérébraux).
Il a été démontré que le traitement du patient de l'hypertension
artérielle permettait de diminuer de 36% le risque d'AVC mortel.
Chez le sujet moins âgé, les patients qui ont des pressions artérielles
systoliques élevées ont une moins bonne survie
Chez les centenaires, c'est différent :
Si on regarde la cohorte IPSEN, leur pression artérielle n'est pas
si élevée
Pour des pressions artérielles élevées, on a une survie améliorée.
Pour des pressions artérielles basses, on a une survie diminuée.
Le bénéfice du traitement varie selon les âges.
On ne sait pas si la mortalité est réduite par les hypertenseurs
(la diminution du risque est relative) dans la population des sujets
très âgés.
3.L'évaluation gériatrique de la personne âgée
Il faut d'autres études pour mieux préciser les besoins, les maladies,
et la prise en charge thérapeutique.
Une évaluation gériatrique spécifique (bilan, somatique, bilan psychologique,
bilan fonctionnel, bilan social) permet de faire la hiérarchisation
spécifique des problèmes et permettra une amélioration de la qualité
de vie et une réduction des hospitalisations.
4.Le réseau
Pour le sujet âgé, l'aidant est essentiel et le réseau fondamental
avec tous les participants et institutions :
- médecin généraliste
- infirmière
- aide à domicile
- psychologue
- les centres de mémoire
- les centres de jour
L'intervention du médecin libéral à l'hôpital est pertinente et
permet de mieux coordonner la prise en charge.
Conclusion :
Cette population est encore mal connue et doit bénéficier
d'une évaluation gériatrique spécifique.