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" Régionalisation et
nouveaux enjeux pour les médecins d'établissements privés "
» La place
des médecins spécialistes libéraux dans la régionalisation de
la santé
La Section
Spécialistes de l'URML Ile de France poursuit son engagement
au coté des médecins d'établissements privés et de leurs Commissions
Médicales d'Etablissements. Le samedi 23 novembre 2002, en partenariat
avec la Conférence Nationale des Présidents de CME, la section
Spécialistes a réuni un certain nombre de représentants
régionaux et de médecins libéraux sur le thème de la participation
des médecins spécialistes à la régionalisation du système de
santé.
L'organisation de cette journée a permis de
trouver un consensus général sur la nécessité de renforcer le
rôle des CME des cliniques privées et de leurs présidents dans
l'élaboration des nouvelles politiques sanitaires qui vont se
trouver régionalisées par le Plan Hôpital 2007.
Le Plan Hôpital 2007 qui porte les prémices
d'une régionalisation des politiques de santé a en effet prévu
d'accentuer le rôle de la région dans les décisions de restructurations
hospitalières mais aussi celles relatives aux équipements lourds
et des besoins sanitaires plus globaux. Les praticiens libéraux
dont l'activité fait principalement appel à des plateaux techniques
mais également les spécialités moins touchées doivent se sentir
concernés et se mobiliser pour accompagner ce changement dans
l'élaboration traditionnelle de la politique de santé.
C'est principalement ce que souhaitait démontrer
le bureau de la Section
Spécialistes en organisant ce débat qui regroupait :
- Dominique Coudreau, Directeur de l'Agence
Régionale d'Hospitalisation d'Ile de France,
- Benoit Pericard, Directeur de l'Agence
Régionale d'Hospitalisation des Pays de Loire,
- Daniel Bour, PDG du groupe de cliniques
Générale de Santé,
- Dr. Halligon, Président de la Conférence des Présidents
de CME,
- Remy Fromentin, Directeur de
l'URCAM Languedoc Roussillon,
face à une salle où se trouvaient une centaine de présidents
de CME venus de la France entière pour écouter et partager leurs
expériences.
Le constat de départ fut que les ARH, depuis
leur création, ne s'étaient pas assez appuyées sur les CME du
privé pour restructurer l'offre de soins avec une vision permettant
une meilleure prise en compte des besoins de " santé publique
". Bruno Silberman, président de
la Section Spécialistes
de l'URML Ile de France, devait cependant dans son introduction
rappeler dans quelle mesure l'URML, bien que non représentative
des présidents de CME, avait été dans notre région d'emblée
associée à ce travail. L'URML
Ile de France a ainsi organisé depuis quatre ans, pour répondre
aux besoins du SROS II, trois sessions de formation à l'attention
des présidents de CME en octobre 1998, janvier 2000 et décembre
2001, pour leur permettre d'assurer pleinement leurs missions
qui ne cessent de s'élargir au fur et à mesure de l'évolution
des réglementations notamment en matière d'information, de qualité
et de vigilance.
Ce constat de départ a débouché sur un résultat en mi-teinte,
avec une implication insuffisante et très hétérogène selon les
régions, les présidents présents ont dénoncé tour à tour, la
non représentativité de certains CME du privé, l'absence de
véritable concertation avec les " patrons " de cliniques, le
manque de consultation de la part de certaines ARH aux médecins
du privé, et l'absence d'intérêt pour le " projet médical "
de la part des praticiens des établissements qui n'ont pas toujours
pris la mesure de l'enjeu.
Face à cet échange, D. Coudreau devait rappeler le rôle des
CME notamment dans leur participation consultative aux objectifs
médicaux d'établissements, implication consacrée par la loi
et qui confie aux présidents de CME un rôle clair dans l'évolution
des structures de soins. A cela, les présidents de CME ont ajouté
leur volonté de reconnaissance institutionnelle dans leurs discussions
avec les ARH, de participer à la validation des Contrats d'Objectifs
et de Moyens notamment du projet médical d'établissement, ainsi
que leur souhait de participer plus activement au SROS (Schéma
Régional d'Organisation Sanitaire) au même titre que les établissements
publics. Ils ont également appeler à une meilleure organisation
interne des CME, à une juste reconnaissance du travail fourni
par les médecins qui s'engagent volontairement dans ces démarches
et cette réflexion, à une participation décisionnelle et pas
seulement symbolique à la vie de leurs établissements.
Ce débat constructif et animé a permis de dresser les conditions
d'une meilleure participation des médecins libéraux à l'organisation
des soins de leurs régions, un combat que poursuivent depuis
déjà de nombreuses années les URML mais qui doit également être
relayé sur le terrain notamment à travers les initiatives de
médecins présidents de CME dynamiques et soucieux de faire entendre
la voix de la médecine dans l'organisation régionale de notre
système de santé.
» Nouvelles
possibilités d'exercice
A la suite du débat consacré à la régionalisation,
la Section Spécialistes de l'URML Ile de France a organisé
une demi-journée de formation traitant des aspects juridiques
des conditions d'exercice des médecins dans les établissements
privés, l'intérêt étant de former et de renseigner les professionnels
de santé présidents de CME.
Les Présidents de CME sont des confrères volontaires
travaillant à la coordination des projets et du fonctionnement
ville-hôpital. La formation médicale initiale n'intègre pas
de modules préparant à cette exercice. C'est pourquoi la
Section Spécialistes a jugé opportun d'introduire les grands
principes juridiques de la relation médecins et établissements
de santé.
Cet après-midi du 23 novembre a été animé par trois experts
dont les exposés et les réponses qu'ils ont apportées aux questions
posées ont été très appréciés.
En première partie, maître Michel GUERIN, responsable national
du département santé au cabinet Fidal- KPMG, a présenté les
différentes formes juridiques d'exercice médical au sein des
établissements. Les novices en droit ont alors pu se familiariser
avec les notions de personnalité juridique, de patrimoine, de
capital, d'apports, et de cessions. La présentation des caractériques
juridiques de la société civile professionnelle ainsi que celles
des différentes formes de société d'exercice libéral ont permis
d'éclaircir le cadre juridique des relations entre les médecins
et les établissements de santé.
Monsieur Bruno DIGOUT, expert-comptable au cabinet Auditeurs
Associés, a répondu aux questions que se posent les présidents
de CME dans l'exercice quotidien de leurs fonctions dans le
cadre d'une société d'exercice libéral. Parmi ces questions,
les aspects fiscaux et comptables, notamment concernant les
taxes, les modalités d'imposition et la plus-value d'une vente
de parts ont fait l'objet d'un développement spécifique. Le
choix de la forme juridique, la transformation en cours d'activité,
l'entrée ou la sortie d'un associé sont autant d'actions qui
méritent une analyse comptable et fiscale avant de s'engager.
Le discours avec les participants a permis d'illustrer par des
cas concrets les conséquences de leur choix d'activité.
La dernière partie a été consacrée à une approche
plus perspective qui s'inscrit dans la réflexion de voies d'application
du droit coopératif récemment ouvert aux professions médicales.
Le secrétaire national de l'Union Nationale Hospitalière Privée
de Cancérologie, monsieur Gérard PARMENTIER, a exposé le cheminement,
à travers le groupe de travail, le comité de pilotage, le ministère
et les affres du vote de la loi du 4 mars dernier, de la naissance
de nouvelles formes d'exercice : la coopérative hospitalière
de médecins et le réseau coopératif de santé. Ces nouveautés
juridiques pourraient apporter une solution sur mesure à la
mise en commun des moyens et des outils nécessaire au fonctionnement
des médecins entre eux et avec les établissements.
Dr. Bruno Silberman, Président
de la section spécialistes - URML Ile de France
" En piste depuis 1996, les Commissions Médicales
d'Etablissements sont appelées à renforcer leurs compétences
dans le cadre de la régionalisation.
Présidés par des médecins spécialistes élus par leurs
confrères dans chaque établissement, ces structures
expriment la logique médicale dont les pouvoirs publics
ne sauraient se dispenser plus longtemps. Parfois symbolique,
l'avis de ces structures se doit à présent de prévaloir
en face de la logique managériale qu'expriment depuis
bien longtemps les directeurs d'établissements.
C'est pour accompagner ce changement culturel en cours
que la section spécialiste de l'URML Ile de France a
souhaité organiser une journée de concertation autour
du thème de la participation des médecins à la gestion
conjoncturelle et structurelle des établissements privés
dans lesquels ils exercent."
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Les
attributions de la commission médicale d'établissement
(article 714-16 du Code de la santé publique)
Article L. 714-16
Dans chaque établissement public de santé est instituée
une commission médicale d'établissement composée des représentants
des personnels médicaux, odontologiques et pharmaceutiques
qui élit sont président et dont la composition et les
règles de fonctionnement sont fixées par voie réglementaire
(1).
La commission médicale d'établissement
:
1°) Prépare avec le directeur
le projet médical de l'établissement qui définit, pour
une durée maximale de cinq ans, les objectifs médicaux
compatibles avec les objectifs du schéma d'organisation
sanitaire ;
2°) Prépare avec le directeur
les mesures d'organisation des activités médicales, odontologiques
et pharmaceutiques de l'établissement, conformément à
la section 3 du présent chapitre ;
3°) Prépare avec le directeur
la définition des orientations et les mesures relatives
à la politique d'amélioration continue de la qualité visée
à l'article L. 710-4 ;
4°) Organise la formation continue
des praticiens visés au 2° de l'article L. 714-27 et,
à cet effet, prépare avec le directeur les plans de formation
correspondants; exerce, en formation restreinte, les compétences
relatives à la formation médicale continue des praticiens
dans les conditions prévues à l'article L. 367-2 ;
5°) Emet un avis sur le projet
d'établissement, sur les programmes d'investissement relatifs
aux travaux et équipements matériels lourds, sur le projet
de contrat pluriannuel mentionné aux articles L. 710-16
et L. 710-16-1 sur le rapport prévu à l'article L. 714-6
sur le projet de budget, sur les comptes de l'établissement,
ainsi que sur tous les aspects techniques et financiers
des activité médicales, odontologiques et pharmaceutiques
;
6°) Emet un avis sur la constitution
d'un réseau de soins mentionné à l'article L. 712-3-2
d'une communauté d'établissements de santé mentionnée
à l'article L. 712-3-3 ainsi que sur les actions de coopération
visées aux sections 2, 3 et 4 du chapitre 3 du présent
titre en ce qu'elles concernent la création d'un syndicat
inter hospitalier, d'un groupement de coopération sanitaire,
d'un groupement d'intérêt public, d'un groupement d'intérêt
économique, l'affiliation ou l'adhésion à ces structures
ou le retrait de l'une d'elles, et les conventions concernant
les actions de coopération internationale ;
7°) Emet un avis sur le fonctionnement
des services autres que médicaux, odontologiques et pharmaceutiques,
dans la mesure où ils intéressent la qualité des soins
ou la santé des malades ;
8°) Emet un avis sur le projet
des soins infirmiers, tel qu'il est défini à l'article
L. 714-26 ;
9°) Emet un avis sur le bilan
social, les plans de formation, et notamment ceux intéressant
les personnels paramédicaux, et les modalités de mise
en oeuvre d'une politique d'intéressement ;
10°) Est régulièrement tenue
informée de l'exécution du budget et des créations, suppressions
ou transformations d'emplois de praticiens hospitaliers;
11°) Emet un avis sur les modalités
de constitution des centres de responsabilité dans les
conditions prévues à l'article L. 714-26-1 et sur la désignation
des responsables de ces centres.
En outre, à la demande du président
du conseil d'administration, du directeur de l'établissement,
de son propre président, du tiers de ses membres, ou du
chef de service, ou du chef de département, ou du coordonnateur
concerné, ou du responsable d'une structure médicale telle
que définie à l'article L. 714-25-2 la commission délibère
sur les choix médicaux de l'année à venir dans le respect
de la dotation budgétaire allouée et compte tenu de décisions
prises par le conseil d'administration et le directeur
en application des articles L. 714-4 et L. 714-12.
La commission médicale d'établissement
peut mandater son président pour préparer les décisions
visées aux 1° et 2° du présent article. Le président de
la commission médicale d'établissement est associé à la
préparation du contrat pluriannuel prévu aux articles
L. 710-16 et L. 710-16-1.
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Delphine HERNU,
delphine.hernu@urml-idf.org
Pierrine PEILLON, pierrine.peillon@urml-idf.org
Chargées de mission à l'URML Ile de France, |