ENQUÊTE "PERTE D'AUTONOMIE"
SYNTHÈSE
Objectifs de l’enquête
L’hétérogénéité des handicaps et le vieillissement de la population française imposent de mener une réflexion globale sur la prise en charge des personnes en perte d’autonomie et d’évaluer les difficultés rencontrées par les professionnels de santé dans cette démarche.
La Commission « Exercice à domicile » de la Section Généralistes de l’URML Ile-de-France réalise une enquête sur ce sujet dont les objectifs sont les suivants :
- Evaluer les difficultés rencontrées par les médecins franciliens dans la prise en charge des personnes en perte d’autonomie ;
- Connaître les modalités de cette prise en charge ;
- Améliorer l’organisation de la coordination ;
- Initier une réflexion globale autour des personnes en perte d’autonomie.
Méthodologie de l’enquête
Le questionnaire a été envoyé en décembre 2003 à un échantillon de 15 000 médecins généralistes et spécialistes franciliens tirés au sort.
1118 questionnaires ont été retournés, soit un taux de réponse de 7,45 %.
Le questionnaire comportait des questions sur le profil du médecin répondant, la description des difficultés ressenties pour assurer les suivi des patients en perte d’autonomie, l’évaluation et les méthodes utilisées pour évaluer la perte d’autonomie et les relations avec les autres intervenants du secteur de la perte d’autonomie.
Résumé des resultats obtenus
- En moyenne, 19 patients en perte d’autonomie sont suivis par le médecin, 35,5 % à domicile, 22,6 % au cabinet et 41,9 % en Institution.
- Près de 91,0 % des médecins répondants (soit 80,0 % des médecins interrogés) déclarent rencontrer des difficultés dans la prise en charge des patients en perte d’autonomie.
- Les médecins généralistes sont plus nombreux à éprouver des difficultés (93,8 %) que leurs confrères spécialistes (78,9 %).
- Les principales difficultés rencontrées par les médecins sont :
- le manque de services de soins à domicile (59,2 %),
- le manque de service et d’intervenants à domicile (54,6 %),
- le manque de structures d’hébergement non hospitalières (52,0 %),
- le manque de structures hospitalières adaptées pour personnes âgées (49,7 %),
- l’absence d’aide (46,9 %),
- les difficultés administratives (43,4 %) et financières (41,9 %),
- les difficultés d’orientation du patient vers une structure adaptée (46,7 %).
- Pour 83,6 % des médecins, leurs patients rencontrent des difficultés dans leur vie quotidienne du fait de leur perte d’autonomie (ces difficultés rejoignent celles des médecins).
- 20,0 % des médecins ont des difficultés pour évaluer la perte d’autonomie de leurs patients. Parmi les difficultés rencontrées, on distingue :
- le manque de temps pour effectuer l’évaluation,
- le manque de connaissance ou de formation,
- les difficultés pour interroger le patient.
- Les principales méthodes d’évaluation utilisées sont :
- l’interrogatoire de la personne ou de l’ entourage (75,0 %),
- l’évaluation clinique (60,1 %),
- la grille AGGIR (50,0 %),
- les tests (17,0 %).
- Les intervenants manquant le plus sont :
- les aides soignantes (60,9 %),
- les auxiliaires de vie (58,5 %),
- les infirmières (47,8 %).
- 49,9 % des médecins ont recours au moins occasionnellement à une association en lien avec la perte d’autonomie.
- 52,0 % sont en relation avec les services sociaux dans le cadre de la prise en charge de leurs patients en perte d’autonomie.
Conclusions de l’enquête
- Près de 91,0 % des médecins répondants rencontrent des difficultés.
- Elles concernent le manque de structure et de personnel d’accompagnement à domicile, auxiliaires de vie ou aides-soignantes. 20 % des médecins rencontrent aussi des difficultés d’évaluation.
- Les médecins connaissent peu les institutions ou organismes du domaine de la perte d’autonomie et ils communiquent peu avec les services sociaux, notamment par manque d’information sur les services et leur fonctionnement, et par manque de temps.
- Le manque de temps et de connaissance gênent pour utiliser au mieux les institutions.
- Le développement de l’environnement des médecins dans la prise en charge de la perte d’autonomie est nécessaire.
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