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Quelle place pour les chirurgiens libéraux dans la réorganisation de la chirurgie en Ile de France ? |
Sommaire
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Sommaire :
La
nécessaire ré organisation de la chirurgie en Ile de France
1.1.
Cadre de la ré organisation de la chirurgie en Ile de
France
1.1.1. Le Schéma Régional dOrganisation
Sanitaire
1.1.2. Une nouvelle organisation autour de
trois types détablissements
1.2.
Bilan de lexistant en Ile de France
1.2.1. Répartition des installations
1.2.2. Les préconisations du SROS
Qui
ne doit pas se faire au détriment des médecins libéraux
2.1.
Une forte implication des chirurgiens libéraux
2.1.1. Un volume dactes important réalisé
par les chirurgiens libéraux
2.1.2. Le développement de la chirurgie ambulatoire
2.1.3.
Les médecins libéraux plus réactifs que les médecins hospitaliers
2.2. Quelles perspectives pour les
médecins libéraux ?
2.2.1. Assurer la couverture des besoins
de la population :
2.2.2. Assurer aux médecins la possibilité
davoir un outil de travail
Conclusion
La
nécessaire ré organisation de la chirurgie
en Ile de France
1.1.
Cadre de la ré organisation de la chirurgie en Ile de France
1.1.1.
Le Schéma Régional dOrganisation Sanitaire
Le
Schéma Régional dOrganisation Sanitaire (S.R.O.S.) de deuxième
génération publié en juillet 1999 prévoit lélaboration dun
volet complémentaire sur la chirurgie afin de préciser des recommandations
générales et de prévoir la répartition géographique des installations
sur la région.
Cette
démarche de réorganisation engagée en concertation avec les acteurs
de la prise en charge de la chirurgie francilienne correspond aux
missions et impératifs de planification qui incombent à lAgence
Régionale de lHospitalisation (A.R.H.).
·Elaboration
du SROS et recommandations
Le
SROS chirurgie et plus particulièrement le volet activité a été
élaboré sur la base du travail des experts désignés par les organismes
siégeant au Comité de Pilotage du SROS et sur les résultats dune
enquête conduite par le Service Médical de la Région Ile de France
entre avril 1998 et novembre 1999. Cette enquête avait pour ambition
de présenter des données sur le service médical rendu, sur les équipements,
lactivité et le personnel médical pour lensemble des
établissements qui pratiquent la chirurgie en Ile de France. Elle
permettait également de dresser une liste des hôpitaux qui remplissent
ou non les critères minimaux posés par le schéma pour garantir lactivité
chirurgicale, à savoir :
Présence
de quatre équivalents temps plein chirurgiens et de trois équivalents
temps plein anesthésistes réanimateurs
Disponibilité de trois salles dopérations et dune salle
de soins post interventionnelle de quatre postes
Activité annuelle supérieure à 200 000 KC chirurgicaux, en hospitalisation
complète ou en ambulatoire, hors neurochirurgie, chirurgie cardiaque
et obstétrique
Equipement en imagerie traditionnelle et laboratoire sur place ou
par convention, disponible 24h/24.
1.1.2. Une nouvelle organisation autour de
trois types détablissements
-
Lapplication
des critères minimaux et la volonté de mettre les services en
réseau a permis
de distinguer trois types détablissements :
-
Les établissements de proximité,
assurant seuls ou en complémentarité la prise en charge des soins
chirurgicaux de base
-
Les établissements polyvalents,
dont lactivité dépasse les 400 000 KC, offrent lensemble
des activités chirurgicales et ont la possibilité dexercer
des activités spécialisés
-
Les établissements spécialisés,
offrant lenvironnement nécessaire à lexercice de leur
spécialité
1.2.
Bilan de lexistant en Ile de France
Actuellement,
il existe 256 sites qui pratiquent la chirurgie en Ile de France,
regroupant 22909 lits et 2033 places au 1er septembre 1999.
Le secteur privé sest particulièrement investi dans le développement
de la chirurgie ambulatoire.
1.2.1.
Répartition des installations
Le
secteur privé lucratif représente 168 établissements sur les 238 qui
pratiquent la chirurgie. Le secteur public regroupe 50 établissements
(Etablissements publics de santé et Assistance Publique Hôpitaux de
Paris), le secteur Participant au Service Public (PSPH) 17 établissements,
il existe 3 Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC) en Ile de France.
Le
secteur privé concentre seulement 49% soit 11 230 lits autorisés des
lits autorisés au 1er septembre 1999, alors quil représente
72% des établissements. En revanche, la majorité des places installées
en chirurgie et anesthésie et chirurgie ambulatoire est concentrée
dans le secteur privé, qui regroupe 80% des installations soit 1582
places. Le secteur public ne dispose que de 360 places.
La
majorité des installations de chirurgie sont concentrées dans les
secteurs sanitaires de Paris et de la proche banlieue ( secteurs 1,
2, 3, 4 et 6 : 14 758 lits autorisés soit 64% de lensemble
des lits autorisés sur la région).
-
Activité chirurgicale en Ile de France
Le
secteur privé est particulièrement dynamique et présente des résultats
dactivité qui en font le secteur dhospitalisation où la
rentabilité des lits est la meilleure.
Le
secteur privé réalise la majorité des séjours chirurgicaux de la région,
totalisant 505 595 entrées entre avril 1998 et novembre 1999 (50%
des entrées totales). Les cliniques présentent des taux doccupation
nettement supérieurs à ceux des secteurs publics et participant au
secteur public : 75.7% contre 65.6% dans les établissements publics
de santé et 68.5% à lAP- HP.
503 321 interventions sont réalisées dans les blocs opératoires privés,
soit 57% des interventions totales réalisées en Ile de France.
En
chirurgie ambulatoire, cest plus de 89% des interventions qui
sont réalisées dans les cliniques privées, soit 334 268 interventions
sur 373 080 au total.
1.2.2.
Les préconisations du SROS Lapplication
des recommandations du SROS ainsi que le constat dune offre
excédentaire de près de 1300 lits de chirurgie met en cause lactivité
de 30 services de chirurgie installés dans des établissements de santé
privés.
Si
la réorganisation de la discipline est nécessaire au sens où lexercice
de la chirurgie exige un environnement sécuritaire adapté et la mise
en uvre de moyens spécifiques, la fermeture programmée de 30
services de chirurgie privés apparaît difficilement compatible avec
la satisfaction des besoins de la population.
-
Les regroupements et les restructurations
15
regroupements sont préconisées par le SROS :
-
5 regroupements sont prévus entre les établissements publics, à
savoir entre les hôpitaux de Rambouillet et Dourdan, entre les Centres
Hospitaliers de Coulommiers et de Meaux, entre le Centre Hospitalier
de Beaumont sur Oise et lhôpital rural de Méru, entre les
centres hospitaliers de Fontainebleau, Montereau Fault Yonne et
Nemours.
-
2 entre établissements PSPH sont préconisés, lun entre les
hôpitaux Saint Joseph, Léopold Bellan, Saint Michel, Notre Dame
du Bon Secours. Lautre concerne les hôpitaux Gouin, Franco
Britannique, et Notre Dame du Perpétuel Secours.
-
8 regroupements sont préconisés entre des établissements privés :
entre les cliniques des Hauts de Seine, la Polyclinique des Vallées,
la Clinique du Bois Verrières, lhôpital privé dAnthony.
Entre les cliniques Albert 1er et des Martinets, entre
les hôpitaux Jean Rostand, les cliniques Pergolèse Alphand, La maison
de santé Mozart, la maison de santé Rémusat, la clinique Spontini.
Entre les cliniques de lOrangerie et du Bois dAmour,
entre le Centre Médico Chirurgical d lEurope et la Clinique
de Marly le Roi, entre les cliniques Héloïse et Girardin, entre
les Cliniques des Bords de Seine et Saint Louis, entre la polyclinique
du lac dEnghien et la clinique Girardin.
Sagissant
principalement de la restructuration des services de chirurgie, 8
établissements se voient orientés vers une prise en charge exclusive
de lobstétrique. Il sagit pour le secteur privé des cliniques
Jeanne dArc, Villa dIsis, Marie Louise et Sainte Thérèse
de lEnfant Jésus à Paris, Ambroise Paré à Boulogne Billancourt,
Clinique du Mesnil Saint Denis au Mesnil Saint Denis.
Pour le secteur public, il sagit du Centre Hospitalier de Courbevoie
Neuilly sur Seine.
Si
le SROS prévoit la mise en uvre de nouveaux regroupements et
de restructurations, force est de constater que ceux-ci sont le plus
souvent préconisés au profit des établissements publics : le
projet de schéma nenvisage à aucun moment léventuelle
mise en commun des moyens et des hommes entre le secteur public et
le secteur privé où le développement de projets de coopération autour
de lactivité des cliniques privées.
Lexemple
du regroupement entre les cliniques Pergolèse Alphand, Spontini, Mozart
et Rémusat avec lhôpital Jean Rostand est caricatural de ce
principe. De même, il serait cohérent sur certains secteurs dorganiser
des complémentarités entre cliniques privées et hôpitaux publics au
lieu de regrouper des hôpitaux peu performants qui ne permettraient
pas de couvrir les besoins de la population. Le secteur de la Seine
et Marne constitue à ce titre un bon exemple.
Favoriser
les regroupements pour des structures dont le manque dadaptabilité
à fait défaut ne nous semble ni juste, ni cohérent avec les priorités
de lARH qui souhaite inciter les établissements à plus de réactivité
et dadaptabilité. A ce titre, lexemple du CH de Beaumont
sur Oise semble illustratif de ces incohérences : lactivité
totale de létablissement est de 84551 KC, les actes réalisés
le sont en nombre insuffisant pour que les conditions de sécurité
soient garanties. La maternité a une activité de 494 accouchements
par an. Une fusion a été effectué avec lhôpital de Méru invoquant
la situation géographique particulière des deux établissements. Il
apparaît cependant que la Clinique Conty à lIsle dAdam,
les hôpitaux de Pontoise, Creil, Chantilly et Beauvais pourraient
assurer la couverture des besoins de chirurgie de la population. La
situation géographique de ces établissements ne remet pas en cause
laccès aux plateaux de chirurgie de la population. De tels regroupements
sont-ils des solutions pérennes ?
De
même, quel est le coût financier des regroupements qui sont proposés ?
Il ny a pas de précisions à ce sujet lorsque de telles opérations
sont préconisées. Les marges bénéficiaires de cliniques actuellement
ne permettent pas toujours de réaliser les opérations programmées
comme cest le cas pour les cliniques de lOrangerie à Aubervilliers
et du Bois dAmour qui doivent se regrouper sur un nouveau site
au Bourget dont la construction réclame des financements importants.
Qui
ne doit pas se faire au détriment
des médecins libéraux
Le
secteur privé contribue dans une large mesure à satisfaire les besoins
de la population et a su faire preuve dadaptabilité et de
réactivité. Les résultats dune récente enquête menée par le
CREDES et lURML Ile de France
montrent en effet que dans un cas sur cinq le patient fait le choix
daller se faire soigner dans le secteur privé.
Ce
choix est motivé, pour la cholécystectomie par exemple, à 80% par
la qualité des soins, à 64% en raison de la personnalisation de
la relation médecin / malade. Ces résultats illustrent la forte
implication du secteur privé dans la prise en charge des besoins
de la population en chirurgie qui reposent sur des critères objectifs
et qualitatifs.
2.1.
Une forte implication des chirurgiens libéraux
2.1.1.
Un volume dactes important réalisé par les chirurgiens
libéraux
Les
chirurgiens qui exercent dans les établissements privés assurent
quasiment 60% des interventions totales pratiquées en Ile de France.
Leur activité est actuellement nettement supérieure à celle des
praticiens des établissements publics en nombre dactes annuels.
La fermeture de services de chirurgie dans certaines cliniques où
les chirurgiens réalisent plus de 450 actes annuels, (clinique de
Noisy le Grand, Clinique du Mesnil Saint Denis) est programmée alors
que des services de chirurgie implantés sur des sites publics où
moins de 200 actes annuels par chirurgiens sont réalisés ne se voient
pas rayer de la carte malgré ce seuil dactivité dans dautres
cas qualifié dinsuffisant. A titre dexemple, un chirurgien
du CH de Coulommiers réalise 170 interventions par an en moyenne,
un chirurgien du CH de Beaumont sur Oise 201 interventions par an
en moyenne, un chirurgien du CH dEtampes 253 interventions
par an en moyenne.
2.1.2.
Le développement de la chirurgie ambulatoire
Actuellement,
plus de 80 % des places de chirurgie et anesthésie ambulatoire sont
installées dans le secteur privé. 163 établissements disposent dune
unité de chirurgie ambulatoire réalisant ainsi plus de 20 748 252
KC entre avril 1998 et novembre 1999.
Lengagement des établissements privés dans le développement
de la chirurgie ambulatoire est réel et préexiste à la publication
des recommandations du volet chirurgie au SROS.
Les établissements privés et les chirurgiens se sont engagés depuis
déjà quelques années dans le développement de la chirurgie ambulatoire.
Sanctionner
les établissements privés reviendrait à pénaliser les établissements
qui ont anticipé et qui ont su sadapter aux évolutions de
la chirurgie.
Cet
engagement a permis daméliorer la qualité des soins et de
satisfaire au mieux les besoins de la population.
2.1.3. Les médecins libéraux plus réactifs que
les médecins hospitalier
-Une
forte capacité dadaptation
Durant
les cinq dernières années, les cliniques ont su sadapter aux
réalités nouvelles de la chirurgie en étant plus réactives que les
établissements publics aux mutations de la spécialité. Les établissements
de santé privés ont notamment entamé une phase de restructuration
et de regroupement afin de préserver leurs capacités et pour continuer
à offrir des soins de qualité aux patients.
-Lengagement
dans les nouveaux processus décisionnels
Les
chirurgiens qui travaillent dans les établissements privés se sont
impliqués de manière concrète dans la vie de leurs établissements,
en participant aux Commissions Médicales dEtablissement et
en collaborant activement à la rédaction des Projets Médicaux dEtablissement.
Cette
approche nouvelle de lexercice de la chirurgie dans les établissements
de santé privés nest à aucun moment citée dans le SROS. Une
approche par structure de la chirurgie est privilégiée, à défaut
de mettre en place une approche qualitative basée sur les ressources
humaines dédiées à la chirurgie et sur limplication des médecins
dans la vie des services.
Les
Commissions Médicales dEtablissement sont actuellement des
instances avec lesquelles il serait souhaitable dengager une
concertation afin de permettre aux médecins davoir un dialogue
direct avec lA.R.H.. Il est en effet important que les médecins
libéraux qui exercent dans les établissements privés puissent avoir
connaissance des évolutions prévisibles des établissements dans
lesquels ils exercent afin de pouvoir anticiper leur avenir.
2.2.
Quelles perspectives pour les médecins libéraux ?
2.2.1. Assurer
la couverture des besoins de la population :
La
fermeture prévue de 30 services de chirurgie privés conduit légitimement
à sinterroger sur la manière dont la couverture des besoins
de la population va pouvoir être assurée.
Comme lillustre la nouvelle cartographie des établissements,
certains secteurs sanitaires verront la répartition de loffre
de soins déséquilibrée et les établissements qui disposeront dun
service de chirurgie auront probablement des difficultés à satisfaire
la demande de soins.
Les adaptations de lhôpital public et les efforts en terme
de productivité que demanderont la satisfaction des besoins dans
certaines parties de la région demandera trop de temps pour que
soient assurée la couverture des besoins en contrepartie de la fermeture
de certains services de chirurgie.
2.2.2.
Assurer aux médecins la possibilité davoir un outil
de travail
La
fermeture de 30 services de chirurgie privés pose la question de
savoir comment assurer aux médecins qui exercent sur ces plateaux
techniques la poursuite de leur activité dans des conditions valables.
Il
nest nullement fait allusion aux mesures daccompagnement
qui doivent encadrer la mise en uvre de la réorganisation
de la chirurgie en Ile de France pour ce qui concerne lexercice
médical.
Il
napparaît pas souhaitable que la réorganisation de la chirurgie
en Ile de France aboutisse à la mise en place dune concurrence
déloyale entre le secteur public et le secteur privé. Ce déséquilibre
serait particulièrement dommageable pour assurer la couverture des
besoins de la population mais également pour les médecins libéraux,
qui nauraient plus aucune garantie sur la pérennité de leur
outil de travail.
Conclusion
La
ré organisation de la chirurgie en Ile de France est nécessaire
pour garantir des soins de qualités et lorganisation des établissements
de manière rationnelle pour satisfaire au mieux les besoins de la
population.
Il
est cependant nécessaire que cette politique saccompagne de
la mise en uvre des moyens nécessaires à lapplication
des nouveaux principes énoncés dans le SROS. Des moyens financiers
suffisants devraient assurer la pérennité des réformes engagées.
La
nouvelle organisation de la chirurgie en Ile de France a été décidée
avec lensemble des membres du Comité de Pilotage du SROS lors
de sa rédaction en 1999. Ce mouvement semble se poursuivre dans
le cadre du Comité de Suivi. Actuellement, deux niveaux de concertation
devraient pouvoir exister afin de permettre aux médecins dintervenir
sur des projets qui les concernent en premier lieu :
- Concertation
entre les médecins et les directions des établissements de santé
privés
- Concertation
au sein du Comité de Suivi du SROS qui pourrait souvrir
aux représentants des CME des établissements publics et privés.
Louverture
de la concertation aux représentants des médecins dans les établissements
de santé privés simpose comme un relais à la mise en place
de la réorganisation de la chirurgie en Ile de France de manière
à ce quelle ne laisse pas de côté les médecins libéraux.
URML-IDF
mis en ligne le 9/05/00 |