LES PATIENTS ET LES SYSTEMES DE REPONSE AUX URGENCES
Etude réalisée par la
Commission Urgences :
Docteur
MARQUER, AUBERTIN, DIAMANT, HESS, LANGE, LIWERANT, MOURIES,
PETREL, ROZAN,
SILVESTRO, SABBAH.
Union Régionale des Médecins dIle-de-France
exerçant à titre libéral
104 boulevard du Montparnasse - 75014 Paris.
Téléphone : 01 40 64 14 70 - Télécopie : 01 40 64 14 88 / 01 43 21 96 88
Mail : etudes@urml-idf.org
LUnion régionale des médecins
dIle-de-France exerçant à titre libéral est un organisme de droit privé régi
par la loi 93-8 du 4 janvier 1993. Représentant les 25 000 médecins libéraux dIle
de France, généralistes et spécialistes, elle assume six missions définies par la
loi :
- analyse et étude relatives au fonctionnement du système de santé,
à lexercice libéral de la médecine, à lépidémiologie ainsi quà
lévaluation des besoins médicaux ;
- évaluation des comportements et des pratiques professionnelles en
vue de la qualité des soins ;
- organisation et régulation du système de santé ;
- prévention et actions de santé publique ;
- coordination avec les autres professionnels de santé ;
- information et formation des médecins et des usagers.
Composée de 80 élus, tous médecins libéraux en
activité, lUnion fonctionne avec un Bureau de six membres et diverses Commissions
qui mettent en uvre les études du champ de la santé et de la profession :
Commissions urgences, prévention, conditions dexercice, SROSS, FMC, codage,
communication.
LUnion publie une lettre dinformation
qui rend compte des travaux menés par les Commissions, comme des actualités relatives à
lexercice libéral de la médecine.
Cest dans ce cadre que la Commission Urgences
a mis en uvre courant 1996 une étude sur la prise en charge des urgences :
- pour connaître les satisfactions et les attentes des patients,
- pour affiner les connaissances sur larticulation des prises en
charges par les différents acteurs, particulièrement les pratiques des médecins
libéraux dIle de France.
Nous vous proposons une courte synthèse de cette étude.
Si vous souhaitez découvrir la version intégrale, ou tout
simplement obtenir des informations complémentaires sur les activités de lUnion,
nhésitez pas à contacter La commision à l'UP :
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La commission " Urgences et permanence des
soins " a souhaité répondre à deux questions :
1. La population est-elle satisfaite de la réponse
donnée aux urgences quelle ressent ?
2. Devant une urgence ressentie, quel est le comportement dun patient vis-à-vis des
différents systèmes durgence (publics et privés) ?
Pour ce faire, deux enquêtes ont été menées :
lune auprès de la population, lautre auprès des praticiens libéraux.
Dans chaque cas, un panel a été retenu, afin que les réponses soient statistiquement
significatives.
Problématique, objectifs et méthodologie
L 'Union des Médecins d'Ile de France a
souhaité établir un "état des lieux" du service des urgences en Ile de
France. Elle s'est intéressée en particulier à la place des médecins libéraux dans la
prise en charge des urgences et aux attentes prioritaires des patients en matière
d'urgence.
Létude a principalement visé à
recueillir des statistiques élémentaires et fiables sur le déroulement des urgences
(personne contactée, temps d'attente, mode de transport...), pour mieux cerner le
comportement des patients en matière d'urgences et dresser une "typologie" des
patients (selon leur âge, sexe, profession...), connaître leurs principales attentes
(délais, soins...), chiffrer la présence des différents intervenants dans les urgences
(pompiers, SAMU, médecins libéraux...), évaluer l'image de ces différents intervenants
(points forts et points faibles perçus par les patients).
1500 questionnaires ont été administrés
dans les différents départements d'Ile de France, de manière à respecter la
représentativité de la population de la région.Les personnes contactées avaient eu
recours aux urgences au moins une fois au cours de l'année 1996. Le panel obtenu est
représentatif de la population francilienne. La répartition homme/femme (43%-57%) n'est
pas celle de la population totale, mais correspond à la structure de la population qui a
prioritairement recours aux urgences.
Recours aux urgences et premier appel
Létude a cherché à déterminer le
nombre de fois où un patient a eu recours aux urgences en 1996. La réponse "une
seule fois" arrive en tête et de loin (66 %). Les effectifs diminuent ensuite
logiquement avec le nombre de fois. On notera tout de même que plus de 16% des personnes
interrogées y ont eu recours plus de trois fois. Néanmoins, il convient de préciser que
le mot "urgence" est entendu au sens large du terme. Il sagit dune
urgence "ressentie" par le patient, et non au sens médical du terme.
Selon la tendance générale observée, les
personnes interrogées appellent 1 fois sur 4 leur médecin généraliste lorsqu'elles
ressentent une urgence. Le médecin urgentiste (20,63%) et le SAMU (15,34%) viennent
naturellement ensuite. Le médecin spécialiste habituel est quant à lui peu sollicité
(3,55%).
On note quelques variations en fonction de la taille
de lagglomération. Ainsi, les personnes habitants dans des agglomérations de moins
de 5 000 habitants ont davantage tendance a appeler leur médecin généraliste (38,36%
contre 21,62% dans les agglomérations de plus de 50 000 habitants). Inversement, le
médecin urgentiste sera beaucoup moins sollicité dans les petites agglomérations
(8,22%) que dans les grandes agglomérations (23,85%). Pour ce qui est des autres services
(SAMU, pompiers...), on ne note aucune différence sensible.
Les moins de 24 ans et les plus de 55 ans feront
moins appel aux médecins urgentistes (16-17%) que les 25-45 ans (25%).Les moins de 24 ans
vont, pour 17,82% d'entre eux, directement à l'hôpital, alors que, passé 35 ans, plus
on veillit moins on appelle l'hôpital en premier (7,46%). Concernant les autres
intervenants, les résultats sont sensiblement uniformes, quelque soit l'âge. Les femmes
font davantage appel à leur médecin généraliste (29,04%) que les hommes (20,06%).
Enfin, il existe également des différences
en fonction de la catégorie socio-professionnelle du patient. Les classes intermédiaires
(29,46%) et les retraités (29,61%) feront beaucoup plus appel à leur médecin
généraliste que les agriculteurs (13,33%) ou les ouvriers (17,31%). Les agriculteurs
auraient tendance à faire davantage appel aux pompiers (40%) mais les résultats portent
sur 15 réponses ce qui est un peu faible pour établir une certitude.
On s'aperçoit que plus le patient a eu
recours aux urgences au cours de l'année, plus il a eu tendance à appeler son médecin
généraliste en premier. On a vu que ce dernier était sollicité dans 1 cas sur 4 en
moyenne. Or, lorsque la fréquence se situe entre 4 et 10 fois, le pourcentage monte à
37,35%, et lorsque la fréquence dépasse les 10 fois, le pourcentage passe à 46,43%.
Temps dattente et périodes
dintervention
L'intervention est rapide : daprès les
réponses des patients, elle est effectuée en moins de 15 minutes dans plus de 40% des
cas, et ce plus particulièrement dans les départements des Yvelines (78) et de l'Essone
(91). Cependant, ce temps exprime sans doute plus le temps dattente ressenti, qui
semble donc court à ces patients, que le temps chronométrique. Dans les interventions
supérieures à une heure (14,8%), on comptabilise également les urgences de type 3,
c'est à dire qui nécessite l'intervention d'un médecin généraliste "dans des
délais variables". En outre, le temps d'intervention semble varier en fonction de
l'âge du patient, on s'aperçoit que les retraités recoivent l'intervention des urgences
plus rapidement (50,88% des cas en moins de 15 minutes). A l'inverse, les 25-35 ans (18%)
sont plus nombreux que les plus de 55 ans (8,63%) à attendre plus d'une heure. Ces
chiffres peuvent sembler surprenants. Il faut remarquer que ces durées sont estimées
après coup et que le rapport au temps nest pas le même pour tous.
En définitive, il serait plus réaliste de parler
de "temps jugé acceptable par le patient" ou pas (1 heure).
Près de 40% des interventions ont lieu de jour et
en semaine. Près de 40 % des interventions ont lieu de nuit. Une intervention sur trois a
lieu le week-end.Les ouvriers ont recours aux urgences dans 48,08% des cas en semaine et
de jour, les agriculteurs dans 53,33% des cas et les étudiants dans 44,09% des cas. On
peut par conséquent penser qu'il s'agit d'accidents du travail. A l'inverse, ces
catégories socio-professionnelles auront moins recours aux urgences le week-end.
Appréciation de la prise en charge
Neuf patients sur dix ont jugé la prise en charge
des urgences satisfaisante, 1 sur 2 très satisfaisante. Toutefois, il reste un mécontent
sur dix.Si lon observe les résultats par département, on s'aperçoit que la
tendance générale se vérifie à peu près partout, à savoir 9 patients sur 10
satisfaits de l'appel téléphonique. Néanmoins, alors qu'à Paris, il y a autant de
"très satisfait" que de "satisfait", la première réponse l'emporte
plus nettement dans le Val d'Oise (60% de très satisfaits contre 30% de satisfaits).
Il y a plus de " très satisfaits " dans
les petites agglomérations et plus de satisfaits chez les plus de 55 ans que chez les
moins de 24 ans. Dans les agglomérations de moins de 5 000 habitants, on recense près de
67% de "très satisfaits" du premier appel téléphonique contre 45% dans les
agglomérations de plus de 50 000 habitants. Dans ces mêmes petites agglomérations, on
remarque que les patients sont soit "très" soit "pas" satisfaits. Peu
émettent un jugement intermédiaire.
Quelques variations peuvent être observées en
fonction du département. Ainsi, le taux de satisfaction atteint près de 97% dans le Val
d'Oise. De même que précédemment même si le taux de satisfaction générale est de 95%
en Ile de France, l'arbitrage entre "très satisfait" et "satisfait"
n'est pas homogène : les "très satisfaits" sont plus nombreux en Seine et
Marne (65%) et dans les Yvelines (70%) par rapport à une moyenne de 54% en Ile de France.
Les patients sont à 95% satisfaits du transport.
Parmi eux, un tiers a néanmoins été transporté en véhicule privé. La satisfaction
vis-à-vis du transport et le délai dattente sont fortement corrélés, avant même
le confort ou autre. Ainsi, 85% des personnes très satisfaites du transport ont attendu
moins de 15 minutes ; 30% des patients "pas satisfaits" ont attendu plus
dune demi-heure.
Dans 9 cas sur 10, les patients sont transportés à
lhôpital. Les patients sont 73% à avoir trouvé l'accueil de l'établissement dans
lequel ils avaient été transportés satisfaisant. 27% d'entre eux s'en
plaignent.Certains patients ont eu à se plaindre de la compétence du personnel. Ils
regrettent que des tâches de responsabilités et de décisions soient confiées à des
stagiaires jugés inexpérimentés et ninspirant pas confiance. Laccueil est
également considéré comme insuffisant (10%) : les patients, et plus particulièrement
les familles et les proches, le trouvent peu sympathique. Le personnel est parfois
considéré comme étant peu compréhensif.Au sein même des départements d'Ile de
France, on remarque quelques différences : 6 patients sur 10 l'ont trouvé satisfaisant
à Paris, alors qu'ils sont 80% en Seine et Marne et même 85% en Essonne.
Linsatisfaction savère donc particulièrement vive à Paris intra muros.Les
patients sont bien plus satisfaits de laccueil dans les petites agglomérations
(plus de 8 patients sur 10) que de ceux des agglomérations de plus de 50 000 habitants
(presque 7 patients sur 10).En outre, 9 patients sur 10 sont satisfaits de la pharmacie de
garde.
Les souhaits des patients
Plus dune personne interrogée sur deux
na pas souhaité répondre à cette question car elle sestimait satisfaite.
Les résultats obtenus portent donc sur une sous-population de 735 personnes.Les patients
souhaitent en premier lieu que les délais dattente soient améliorés. Cela
concerne à la fois le délai dattente du premier intervenant (19,05%) et le délai
dattente des soins dans létablissement daccueil (8,98%). Ces attentes
paraissent contradictoires vus les résultats précédemment exposés. Cela peut
sexpliquer par le fait que, en période de stress, lattente parait toujours
plus insupportable et interminable. Le temps dattente peut de même être ressenti
comme plus long plusieurs mois après lappel quil na été dans la
réalité. De plus, certains patients attendent davantage que dautres (plus
dune heure dans des cas extrêmes).
Beaucoup de patients regrettent le manque de
moyens mis à disposition des urgences. Ce manque de moyens concerne plusieurs postes. Les
effectifs sont jugés insuffisants notamment le week-end, le soir et en période de
vacances. On regrette également le manque de pédiatres. Enfin, le manque de moyens
matériels a été signalé par les habitants des agglomérations de moins de 5 000
habitants.
Les problèmes dorganisation concernent
à la fois les tracasseries administratives, jugées trop importantes, et le manque de
communication et de coordination. Les proches se sentent insuffisamment informés et trop
souvent délaissés. De même, il faut parfois attendre trop longtemps avant de se voir
attribuer une chambre dhôpital. Enfin, certains ne savent pas à quel service
durgence sadresser entre les pompiers, le SAMU, leur médecin généraliste ou
directement lhôpital. Ils ne savent pas non plus comment trouver quelle est la
pharmacie de garde.
Conclusion - La prise en charge par
les différents acteurs
Les médecins libéraux sont les intervenants de
choix en semaine, le week-end comme la nuit, puisquils prennent 62% des appels,
contre 38% des intervenants publics (SAMU, sapeurs-pompiers et hôpitaux). Le SAMU ne
reçoit quenviron 15% des appels. Ce rapport est presque constant quelque soit la
période horaire, le jour comme la nuit, en semaine ou le week-end.Les patients
franciliens sont satisfaits de la réponse aux situations durgence apportée par les
médecins libéraux. Alors que linsatisfaction de la prise en charge à
lhôpital est grande, surtout à Paris, seulement 1% des patients interrogés ont
fait des remarques sur les médecins généralistes, 0,5% sur les urgentistes et les
services des médecins de garde - ces derniers étant pourtant sollicités respectivement
dans 25, 21 et 12% des cas.La permanence des soins est bien assurée par les
libéraux : le médecin généraliste prend en charge entre 8h et 20h près de 40%
des urgences et plus de 25% de lensemble de la semaine , jour et nuit confondus.Il
est lintervenant privilégié dans les petites agglomérations (39% des demandes).
De même, les femmes, les retraités et les professions intermédiaires font davantage
appel à leur médecin généraliste (30%).Quant aux médecins urgentistes, ils prennent
principalement en charge les urgences de nuit et du week-end (30%), ainsi que 20% de tous
les appels confondus sur lensemble de la semaine. Ils sont sollicités surtout dans
les grandes agglomérations par la population active (cadres et professions libérales).
Pour obtenir létude complète (avec
les graphiques, tableaux, etc.), contactez
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