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CONSTATS, ENJEUX ET PROPOSITIONS URML IDF Synthèse dun séminaire multidisciplinaire
Union Régionale des Médecins
libéraux dIle de France
Soucieuse de produire une réflexion novatrice, de refuser une vision de la planification et de la gestion du système de santé par trop centrée sur les structures, la commission a toujours souhaité travailler en collaboration avec les médecins de terrain. La périnatalité est un enjeu fondamental de santé publique en Ile de France. Elle a été inscrite comme lune des priorités du SROS de deuxième génération. Ces deux éléments ont déterminé notre choix de travailler sur ce thème en 1998. Sans limplication des médecins libéraux qui ont accepté durant 8 mois de participer à nos travaux rien naurait été possible. Je tiens, au nom de la commission SROS et de lUnion Régionale des Médecins Libéraux dIle de France à les en remercier tout particulièrement*. En effet, le groupe a participé à nos cotés à de nombreuses réunions de travail qui nont pu avoir lieu à dautres moments que les samedis ou dimanches et tard le soir en semaine. Il sest concrètement impliqué dans la recherche documentaire ainsi que dans la rédaction du rapport. L Union ne trouvera sa pleine utilité quen demeurant toujours soucieuse de travailler quotidiennement avec les médecins libéraux qui, grâce à leur activité sur le terrain, ont une expérience concrète des problèmes de santé publique. Ce travail sur la périnatalité a permis de vérifier la richesse de cette méthode de travail. Espérons que la synthèse
présentée aujourdhui rende fidèlement compte de la qualité de la réflexion qui
a eut lieu au cours des derniers mois. Dr Marc Alain ROZAN * Mesdames, Messieurs, Belhassen, Bicheron, Bourgueil, Brunet, Daydou, Deschamps, Jaudel, Lanty, Mignard, Naiditch, Poinsot.Sommaire I. Périnatalité en Ile de France : Les constats I.1 Les problèmes identifiés et leurs causes I.2 Les constats marquants en IDF II.1 Appréhender la grossesse comme étant
normale a priori : II.2 La diversité des situations appelle des
solutions locales II.3 Les maternités de Type I en Ile de France,
la prise en charge du bas risque III.1 Le suivi des femmes enceintes en
ambulatoire : un enjeu de la planification III.2 La prise en charge hospitalière :
lorganisation en réseaux inter-maternités et les conditions dun
fonctionnement optimum
LUnion Régionale Ile de France est d'avis qu'une meilleure coordination des professionnels entre eux est essentielle pour améliorer les résultats de l'activité Périnatalité. Une répartition différente des ressources financières disponibles peut également conduire à une amélioration de la santé. Notamment, la plus grande vigilance doit s'exercer dans le contrôle du rapport coût / performance des moyens mis à la disposition des différents acteurs, d'autant que limmense majorité des accouchements sont normaux ou à bas risque. Les professionnels de santé libéraux ont une place déterminante dans le suivi des femmes enceintes et de leurs futurs enfants. Leur travail dans les six premiers mois de la grossesse conditionne (a) la qualité du suivi de la grossesse et (b) le bon déroulement de l'accouchement. (AR) Les professionnels de santé libéraux sont, de fait, responsables du bon usage des structures hospitalières privées et publiques et à la base de tout travail de réseau. Les maternités libérales et publiques doivent s'organiser pour travailler de manière coordonnée (a) entre elles et (b) avec l'ensemble des professionnels du secteur ambulatoire. Il n'est pas raisonnable de proposer la disparition à court et moyen terme des maternités de type I capables de garantir des soins de niveau 1 et 2. Si certaines doivent disparaître, on doit doter les autres de moyens humains et matériels améliorés et les conduire à travailler en réseau avec des structures de type II et III. Le secteur libéral (45 % des accouchements en Ile de France) doit recevoir de nouvelles ressources financières pour achever la réorganisation de son activité périnatalité. Cette réorganisation, doit prendre en compte les exigences de coordination qui seront, pour lessentiel, responsables de lamélioration des résultats de santé publique. Les réseaux en périnatalité doivent se donner des règles précises, discutées entre professionnels. Le réseau ne peut pas être un simple effet d'affichage ayant vocation d'aider les Centres Périnatals de type III, ou souhaitant le devenir, à obtenir des moyens ou une reconnaissance institutionnelle. D'ailleurs, il ne serait pas justifié d'envisager la création de plus deux Centres Périnatals de type III supplémentaires en Ile de France, en plus des huit centres existants. Certains d'entre eux devront être réorganisés. Mots clés
Avant propos Ce document est destiné à apporter une contribution originale du point de vue des professionnels libéraux aux débats de la CTCN et aux travaux préparatoires au SROS périnatalité dIle de France. Il présente les principaux résultats du travail dun groupe de professionnels libéraux multidisciplinaire (Annexe 1) qui sest réuni à plusieurs reprises au cours de lannée 1998, à linstigation de la commission SROS (Schéma Régional dOrganisation Sanitaire) de lUnion Régionale des Médecins Libéraux dIle de France. Le secteur libéral occupe en effet une place importante dans la prise en charge des femmes enceintes en Ile de France puisque, quarante-cinq pour cent des accouchements ont lieu dans des cliniques privées [1]. De nombreux professionnels libéraux interviennent au cours de la grossesse. En terme de méthode, le groupe a privilégié une approche qualitative plutôt que quantitative, menée par ailleurs au sein dautres institutions (enquête des tutelles en cours). Il a choisi de travailler sur les " problèmes " identifiés par ses membres tous impliqués au quotidien dans la prise en charge des femmes enceintes et des nouveaux-nés. Lanalyse en groupe des préoccupations ou des difficultés rencontrées par les professionnels libéraux dans leur pratique quotidienne, a permis de repérer et didentifier les causes des problèmes vraisemblablement les plus fréquents ou les plus graves, de leur point de vue. Le groupe a travaillé par étapes en cherchant à analyser les problèmes constatés de manière contradictoire. Il a ensuite proposé des pistes de solutions et dexpérimentations à partir du travail danalyse et de documentation sur les situations problématiques identifiées. Le document présente, dans sa première partie, les constats, puis les enjeux dans le domaine de la périnatalité en Ile de France. Dans une troisième partie, sont exposés les pistes dactions. Le constat Les résultats en terme de mortalité maternelle et infantile situent la France au 13ème rang des pays de lOCDE [2]. LIle de France, ne se démarque pas de cette moyenne nationale. Les résultats sont variables dun département à lautre. Loffre de soins en périnatalité en Ile de France est caractérisée par une inégale répartition sur le territoire régional, notamment en ce qui concerne les structures de type II et III. Laccouchement nest pas le seul élément qui structure la prise en charge de la grossesse. En amont et en aval de laccouchement, de nombreux professionnels interviennent dans le suivi des femmes enceintes et de leurs enfants après la naissance (généralistes, sages-femmes libérales, gynécologues médicaux, gynécologues obstétriciens, pédiatres). Les modalités de leur participation exacte restent très mal connues et notamment la façon dont sont réparties entre eux les différents éléments du suivi. Jusquen 1990, la grossesse était considérée a priori à risque et laccouchement comme un évènement systématiquement à risque. Malgré la prise en compte de limportance du suivi anténatal et post natal, le rapport du Haut Comité de la Santé Publique [3] reste fondamentalement marqué par cette conception. En conséquence, les principes dorganisation retenus, sappuient sur la médicalisation très technicisée de la grossesse. Ces différents constats dessinent
une situation paradoxale entre les résultats de santé et lorganisation de la prise
en charge des femmes enceintes et des nouveaux-nés en Ile de France. Les enjeux Lenjeu principal, posé par la réflexion prospective sur le thème de la périnatalité en Ile de France, est celui du renversement de la représentation traditionnelle de la grossesse, qui a prévalu jusquaujourdhui, pour concevoir une nouvelle organisation du système de soins. En simplifiant à lextrême, il sagit de substituer à lassertion " toute grossesse est à risque(s) ", lassertion suivante " toute grossesse est a priori normale ". Ce renversement de représentation a pour conséquence de modifier aussi le raisonnement en termes dorganisation du système de soins. Notre objectif est la prise en charge optimale de la population, dans sa globalité, orientée vers le repérage et la gestion du risque, reposant sur la coordination et la coopération négociée de lensemble des professionnels. Il ne sagit pas seulement de veiller à la répartition spatiale dune offre de soins de haute technicité. Lamélioration des soins de première ligne comprenant notamment le repérage et la gestion du risque au début et au cours de la grossesse, ainsi que leur articulation avec les soins de deuxième et / ou de troisième ligne deviennent dès lors un objectif principal en terme daction et de planification. Le développement dune telle approche doit tenir compte de plusieurs obstacles :
Ces éléments rendent extrêmement difficile le renversement de lapproche classique. Quelles propositions ? Les propositions pour améliorer les résultats en terme de santé découlent de cette analyse. Il sagit de mettre en place une nouvelle organisation de la prise en charge des femmes enceintes, centrée sur les femmes et non pas sur les structures. Elle entraîne les actions suivantes :
Une attention particulière doit être portée sur les conditions et le coût de la restructuration des maternités en Ile de France. Lensemble de ces actions implique :
I Périnatalité en Ile de France : Les Constats Nombre daccouchements stable, nombre de structures de soins globalement qualifiées dexcédentaires, structures de soins mal réparties, organisation insuffisante des professionnels entre eux, tels sont les faits marquants. Cest en prenant en compte ces données que le groupe a choisi de travailler à partir des problèmes identifiés par ses membres dans la prise en charge quotidienne. I.1. - Les problèmes identifiés et leurs causes I.1.1 Le manque de communication Le manque de communication entre professionnels et lisolement qui lui est associé a été repéré comme source dexplication des problèmes constatés. Ont notamment été cités : larticulation difficile voire inexistante avec les services de P.M.I., entre les médecins généralistes et / ou avec les gynécologues obstétriciens et les lieux daccouchement publics ou privés. La difficulté du professionnel isolé devant des questions éthiques a également été repérée comme étant un problème. Elle pourrait être résolue par des débats pluridisciplinaires. I.1.2 Le manque dinformation des femmes Le manque dinformation des femmes a été identifié comme un élément pouvant expliquer nombre de problèmes constatés (quel rôle pour les différents tests de dépistage, les échographies, lallaitement, limportance du carnet de grossesse...). Ce manque dinformation est attribué à la complexité du système de soins qui le rend difficilement lisible pour les usagers. Cette complexité est en partie liée à la multiplicité des intervenants aux logiques parfois contradictoires. La faible valorisation de lactivité dinformation, quelle soit réalisée au cours du colloque singulier ou par le biais de communications collectives plus élargies, est également un facteur aggravant. I.1.3 Le manque dinformation des professionnels Le manque dinformation des professionnels est aussi apparu comme un facteur pouvant expliquer nombre de difficultés constatées (qualité et utilité des échographies, suivi insuffisant de la grossesse et du post partum...). Ce manque dinformation peut aussi être associé à un manque de formation initiale et / ou continue [5]. Il nexiste pas dinformation fiable et accessible sur les performances des différentes structures de soins. Dans ces conditions, une grande partie des professionnels ne sont pas à même dexercer un jugement véritablement informé sur les structures de soins. I.1.4 La difficulté de préciser le rôle de chaque intervenant Les pratiques sont différentes d'un professionnel à l'autre et le découpage historique des métiers (spécialistes, généralistes, médecins, sages-femmes) ne recouvre plus la réalité des prises en charge. Certains généralistes ou sages femmes ont développé une activité déchographie obstétricale. A linverse, certains généralistes ne suivent pas les femmes enceintes et nont pas été formés à cette prise en charge [5]. Le système de soins rassemble des acteurs très différents intervenant chacun de façon spécifique à un moment du processus de la grossesse. Il ne fonctionne pas de manière organisée. Le " bon déroulement " et le " bon résultat " ne font pas toujours lobjet dun consensus entre les différents acteurs appelés à intervenir. De nombreux problèmes évoqués sont liés, du point de vue du groupe, à la difficulté de faire émerger en Ile de France comme en France une représentation partagée par les femmes et les professionnels de santé de ce que doit être la " bonne " prise en charge d'une grossesse. De plus, la répartition des rôles et des tâches élaborées à lorigine par rapport à un état de lart donné ne correspond plus à lévolution de celui-ci. I.2 - Les constats marquants en Ile de France Lensemble des problèmes constatés et leurs causes permet de dresser un constat critique sur la périnatalité en Ile de France I.2.1 Une conception de la grossesse comme à risque a priori La réflexion en France sur le thème de la périnatalité reste dominée par une représentation de la grossesse et de la naissance qui met laccent sur le haut risque et tend à organiser le système de soins à partir des structures permettant de prendre en charge ce haut risque. Face à ce type de situations à haut risque médical, limportance des structures à haut degré de technicité est incontestable. Néanmoins, le rôle des autres intervenants, dans le processus de prise en charge de la femme enceinte en amont, est tout aussi déterminant et, au premier chef, la femme et son entourage. Il est indéniable que, depuis plusieurs décennies, la grossesse et plus généralement la périnatalité, fait lobjet de progrès importants, " essentiellement " techniques. Les avancées de la technique ont permis daméliorer considérablement les résultats de santé à la naissance pour lenfant et la mère. Toutefois, de nombreuses études comparatives avec nos pays voisins [6,14] et de récentes études françaises, ont montré que les dimensions techniques ne suffisent pas à améliorer à elles seules ces résultats et quelles peuvent engendrer des effets indésirables. Le rang de la France en taux de résultat au sein de l'OCDE le démontre bien. A titre dexemple, nous citerons : - la technicisation excessive de la grossesse génératrice dangoisse quand les résultats sont formulés de façon incomplète ou imprécise aux femmes. Cette technicisation excessive va parfois de pair avec une réalisation sous-optimale des échographies obstétricales amenant à leur multiplication inutile, coûteuse et anxiogène ; - la faible prise en compte des attentes de la femme (demande dexplications, écoute de ses propres problèmes et pas uniquement ceux relatifs au devenir de lenfant) ; - les sorties après accouchement, trop rapides et mal préparées, génératrices de stress et dangoisse, voire de réhospitalisations. Lorganisation des prises en charge et, notamment, la manière dont les professionnels travaillent de façon coopérative et coordonnée, conditionnent les résultats de santé. A ce titre, le débat actuel, sur les maternités de proximité et la problématique du transfert anténatal illustre bien quil est tout aussi important de savoir gérer le risque en amont de laccouchement et orienter la femme vers un lieu adapté au niveau de risque quelle présente, que daccueillir toutes les femmes au sein de puissantes mais rares " citadelles " offrant la sécurité technique maximale [7]. Or, une gestion efficace du " risque en amont de laccouchement " passe par ladhésion des femmes et de lensemble des professionnels à un tel principe dorganisation. Cette adhésion est la condition de lélaboration dun message clair partagé par les différents acteurs intervenant dans le processus de suivi et de prise en charge de la grossesse. Le temps de communication et dexplication nest aujourdhui pas pris en compte dans le système de valorisation en activité ambulatoire libérale et dans la dynamique " productiviste " technique hospitalière. Le groupe a ainsi été le lieu de débats animés sur le manque de prise en compte de la dimension physiologique du processus de la grossesse dans lorganisation actuelle du système de soins. Une approche mettant laccent sur la globalité et la continuité des soins a été évoquée, au sein même du groupe, comme une alternative possible à un système structuré en priorité sur la technologie. Ce besoin et son absence de prise en compte ont été identifiés, aussi bien au niveau de la formation initiale et continue des différents professionnels, quau niveau de lorganisation du système lui-même. I.2.2 Des résultats améliorables et une offre de soins inorganisée Les résultats dans le domaine de la périnatalité de lIle de France peuvent être améliorés. Ils se caractérisent par une position moyenne de la région, et des disparités départementales importantes. Ceci alors même que la région se caractérise par une offre de soins abondante. Le nombre de naissances en Ile de France se stabilisera probablement autour de 160 000 par an dans les années à venir (Source INSEE Modèle OMPHALE M 18). Loffre de soins est inégalement répartie avec une concentration sur Paris notamment en ce qui concerne les maternités de type III (Annexe 2). Les niveaux de soins présentent souvent une inadéquation avec les niveaux de risque. La région est fragilisée par un nombre insuffisant de médecins spécialistes dans certaines spécialités notamment dans le secteur public. Enfin, il est à noter que les évolutions nécessaires sopéreront dans un cadre budgétaire contraint [8]. Le SROS de première génération, et le bilan qui en a été fait accrédite le constat selon lequel le nombre de lits de gynécologie et obstétriques est suffisant pour couvrir des besoins qui demeureront stables, même si leur nature et leur localisation va évoluer dans les années qui viennent en Ile de France. Par ailleurs, nombres de maternités privées, non isolées géographiquement, faisant moins de 300 accouchements par ans, seront amenées à disparaître dans les années qui viennent. Il est communément admis par les professionnels libéraux que lexigence de qualité, les contraintes réglementaires et légales qui pèsent sur eux induiront à terme une transformation profonde de lorganisation des cliniques qui sont leur outil de travail privilégié. Ainsi, des constats fait par le groupe sur la périnatalité en Ile de France, ressortent sept points essentiels :
II. - Les enjeux : Les différents constats posés par le groupe de travail conduisent à lidentification de quelques enjeux fondamentaux. Lamélioration des résultats en terme de santé publique dépend de la façon dont les acteurs relèveront ces défis. II.1. Appréhender la grossesse comme étant normale a priori : un renversement de représentation nécessaire pour organiser le système de soins autour des femmes et des enfants. Lorganisation en pôles régionaux centrés sur les structures de type III renforce la traditionnelle hiérarchie hospitalo-universitaire et place les maternités de type III ou souhaitant le devenir dans une course à laffichage institutionnel de " têtes de réseaux ". Ces réseaux risquent dêtre peu investis par les professionnels qui ny trouveront pas les incitatifs financiers et symboliques à modifier leurs pratiques. Ainsi, lenjeu de la redistribution des centres de type III perturbe lélaboration des pratiques coopératives spécifiques aux dispositifs en réseau [9]. Chaque centre cherche à montrer, dans une logique daffichage institutionnel, quil " assure " un grand nombre daccouchements. Cet affichage, par le biais de conventions de partenariat, ne permet pas de traiter concrètement des modalités opérationnelles de prise en charge. Les " réseaux ", tels quils se développent, apparaissent donc souvent symboliques et très éloignés dune dynamique centrée sur les préoccupations de lensemble des professionnels et des femmes. Cest le cas avec les conventions dexclusivité ou avec les conventions cadres très larges qui sont proposées aux établissements privés par les centres de type III et dont rien dans le contenu ne garantit lefficience, (annexe 3). - Lélaboration de la cellule dorientation des femmes à risques pour toute lIle de France, avant même lélaboration des dispositifs gradués locaux, illustre une démarche descendante peu compatible avec la construction de liens de confiance réciproque, nécessaire au bon fonctionnement dun dispositif en réseau [10] - Certaines maternités de type I rencontrent des difficultés dans leur collaboration avec les maternités de type III. Notamment, la mise en place du contre-transfert in utero ou, plus généralement, le retour d'information après transfert ou avis devant une situation à risque . Cette même problématique sapplique aux relations entre les centres de type II et III. La dynamique des pratiques en réseaux, visant à améliorer lorganisation des prises en charge, devient, peu à peu, lenjeu de logiques purement institutionnelles et financières liées à la réorganisation des structures de type III. Ceci alors même que les réseaux devraient être loutil privilégié de la mise en place de solutions locales. Il importe dès lors délaborer lorganisation optimale du dispositif de soins en Ile de France à partir des populations concernées et pas des structures de niveau III. Une telle démarche impose un renversement de représentation vis à vis du processus de la grossesse. Si nous partons du principe que toute grossesse est a priori normale, nous serons amenés à prendre en compte, pour une population donnée, principalement deux questions : - comment repérer et prendre en charge les femmes enceintes qui présentent des risques de tous types (médical, social, psychologique). Cest à dire comment réaliser un suivi efficace et le relier à un dispositif de prise en charge permettant de réaliser les transferts anténatals nécessaires dans les structures adaptées ? - comment prendre en charge de façon optimale les femmes qui vont présenter une urgence vitale ? Cest à dire ; comment gérer lurgence rare mais grave ? Cette question concerne le dispositif durgence en Ile de France.
II.2. La diversité des situations appelle des solutions locales La grande diversité des situations en Ile de France impose la recherche de solutions ad hoc. II.2.1 Les ajustements entre soins ambulatoires et soins délivrés dans les structures : un enjeu local Une partie des problèmes retrouvés en maternité est intimement liée aux problèmes constatés en ambulatoire et concerne la nature des relations de la structure daccouchement avec leur environnement. Le spécialiste gynécologue obstétricien a très souvent une activité de consultation quil vit ou qui est vécu comme étant en concurrence avec celle du généraliste et/ou celle du gynécologue médical, eux-mêmes en concurrence ou se vivant comme tels. Labsence de communication et de confiance entre professionnels, peut avoir des conséquences néfastes pour les femmes (dans le cas de la prise en charge dune urgence par exemple, ou même dans le cas dun retour à domicile mal préparé). Létablissement de " règles de bonnes conduite " entre professionnels apparaît, dès lors, comme une des conditions du fonctionnement optimum dune maternité privée ou publique. Réfléchir aux bonnes conditions de fonctionnement dune maternité privée cest donc aussi réfléchir aux bonnes conditions darticulation de la maternité avec son environnement, ainsi quà la confiance qui peut sétablir avec les partenaires de proximité. Cette confiance peut être plus ou moins formalisée par laffichage de règles dajustement (comme les chartes ou des procédures dassurance qualité), la mise en place doutils comme les carnets de santé, de procédures dévaluation internes et / ou externes [7]. Lémergence de ces pratiques coopératives et de ces outils devraient faire lobjet de financements spécifiques et dexpérimentations tarifaires (indemnisations pour la participation à des travaux collectifs, valorisation selon des modalités à définir de prestations spécifiques, financement de la gestion et de lévaluation de réseau etc...). Nous y reviendrons de façon plus précise au moment des propositions. Cest aussi réfléchir aux conditions optimum de fonctionnement dune maternité de type I ou de type II en secteur libéral. Quelles sont les ressources humaines et matérielles nécessaires pour offrir des soins pédiatriques de niveau 1 et 2 ? Quelles sont les dispositions tarifaires et réglementaires à mettre en place pour satisfaire ces conditions ? Ces éléments doivent être abordés dans une réflexion prospective sur lorganisation du système de soins en périnatalité, en Ile de France. II.2.2 Une dynamique de changement qui pour être efficace doit impliquer les acteurs de proximité au sein dun dispositif local En effet, si la répartition des rôles et des fonctions relève des débats entre représentants des différentes professions à léchelon national, dont les arbitrages sexpriment par le biais de la réglementation, les équilibres trouvés sur le terrain sont contingents aux ressources et aux situations locales. La répartition des rôles entre professionnels dans la campagne du département de la Seine-et-Marne, la banlieue des Francs Moisins ou le centre de Paris nest pas du tout la même. Elle reste largement dépendante de loffre locale aussi bien en termes de quantité (présence ou non de médecins généralistes, médecins gynécologues, sages-femmes, cliniques ou hôpitaux) quen termes de qualité (compétences plus ou moins spécialisées selon les lieux). Les modalités dorganisation des soins sont contingentes à loffre locale de soins en qualité et en quantité avec une dimension particulière liée aux migrations quotidiennes caractéristiques de lIle de France (les lieux daccouchement pour une même clientèle peuvent être multiples et très éloignés du lieu de suivi). La définition a priori des rôles de chacun na pas paru pouvoir être résolue à léchelon de la région dans sa totalité. Il est probable que les arbitrages actuels au niveau national ne favorisent pas une reconfiguration optimale au niveau local. Or, la prise en charge dune femme enceinte nécessite des compétences multiples (techniques, relationnelles, sociales ) qui ne sont jamais concentrées entre les mains dune seule personne. Cest à partir de lidentification des compétences nécessaires et de leur agencement pour obtenir une prise en charge de qualité quil nous paraît opportun de travailler. Cette approche par les "fonctions" à réaliser, indépendante des catégories professionnelles, apparaît aussi comme une réponse à l'évolution des ressources médicales disponibles (diminution du nombre des pédiatres, des anesthésistes et des obstétriciens). Cest au sein dun dispositif local que peuvent être élaborées finement les modalités de coopération / coordination sur le suivi de grossesse. Le dispositif local est constitué dun ensemble dacteurs du secteur ambulatoire et du secteur hospitalier de proximité ayant défini des règles de coopération et de coordination. Il peut sapparenter aux cercles de qualité rencontrés dans le monde de lentreprise ou dans les expériences étrangères [11,12]. II.3. - Les maternités de type I en Ile de France, la prise en charge du bas risqueLavenir des maternités de type I est évoqué régulièrement au sein de la CTCN. La perspective de réduction du nombre des cliniques privés en Ile de France qui est évoquée par lAgence Régionale dHospitalisation montre limportance de cette question dans les années à venir. Si la prise en charge du haut risque demeure une priorité indiscutable, la prise en charge du bas risque nen reste pas moins essentiel pour plusieurs raisons : - La prise en charge des grossesses normales et du bas risque concerne quatre vingt cinq pour cent au moins de la population des femmes [13]. La plupart des études montre que quatre vingt pour cent des grossesses ne sont pas hospitalisées et parmi celles qui le sont, la moitié présente des pathologies et / ou des problèmes sociaux ne relevant pas dune prise en charge dans une structure de type III. - Une " bonne " prise en charge est celle qui contribue à diminuer la survenue dévénements indésirables. Cette diminution résulte dun dépistage systématiquement organisé et une gestion des situations à risques par une intervention coordonnée de lensembles des professionnels La particularité des systèmes étrangers en terme dorganisation est davoir rendu possible la gestion de ces situations à risques durant tout le temps de la grossesse (voir lexemple des Pays Bas). Le groupe a souhaité soulever cette question en abordant notamment : II.3.1 - Le problème de lenfant passager clandestin des maternités de type I. Nous entendons par là le fait que la réglementation notamment tarifaire, ne prend pas en compte, dans les cliniques dotées de maternités de type I, la prise en charge de lenfant. Lenfant " nexiste pas ", sauf si la clinique a passé un accord avec la caisse primaire pour le financement de berceaux. Il nest par ailleurs pas prévu de lits dhospitalisation de nouveaux nés dans les maternités de type I à la lecture des récents décrets sur la périnatalité. Or, en références aux recommandations de la CTCN et à lavis du groupe, toutes les maternités de type I doivent pouvoir assurer en toute sécurité des soins pédiatriques de niveau 1 et 2. La réglementation tarifaire aujourdhui inadéquate doit donc le permettre afin déviter un nombre de transferts postnatal important, facteur de séparation de la mère et de lenfant. II.3.2 - Les maternités de type I ayant la capacité daccomplir des soins de niveau 1 et 2 doivent-elles disparaître ? La disparition des maternités de type I est présentée fréquemment comme un fait inéluctable et allant de soi. Ce type dévidence relève-t-il de la prophétie autoréalisatrice portée par une logique de la sécurité à tout prix, ou correspond-il à une nécessité pour la population dIle de France ? Il nous semble que la question posée est, avant tout, celle de léquité des soins à la population. Le raisonnement pourrait se décomposer en deux temps. - Quelle doit être la répartition optimale des lieux de naissance pour permettre à toutes les femmes dy accéder dans un minimum de temps (ce minimum étant à définir) ? - Quelles doivent être les garanties offertes par un lieu de naissance quel quil soit ? La réponse à la première question pose le problème de la répartition géographique des lieux de naissance en fonction des " courbes isochrones " et relève manifestement du Schéma Régional dOrganisation Sanitaire. Quel est ce temps daccès que lon peut saccorder à considérer comme optimum ? La question de la prise en charge urgente des femmes enceintes et des enfants doit être traitée à part entière dans le cadre du SROS urgences. Le temps daccès est ici à considérer comme relevant de la notion de proximité dans le cadre du déroulement normal de la grossesse. La réponse à la deuxième question pose le problème de léquipement minimal dune maternité de type I. En particulier en ce qui concerne les soins pédiatriques de niveau 1 et 2, mais pose aussi les conditions de linsertion de cette maternité de type I dans une dynamique de réseau avec les professionnels de lambulatoire en amont et de lhospitalier en aval. Parce quil y aura une gestion organisée de la prise en charge des femmes enceintes, fondée sur le dépistage et la prise en charge du risque, la maternité de type I offrira des conditions de sécurité satisfaisantes. II.3.3 - Transformer des maternités de type I en type II, pose plusieurs questions : - Comment assurer la phase de transition du passage des maternités de type I en type II ? Il y a dès aujourdhui de nombreuses situations à régler. Quelles sont les maternités privées qui pourront devenir des maternités de type II ? Le manque de moyens humains ou leur répartition inadéquate impose une réflexion globale dans laquelle la recherche de la complémentarité entre structures est primordiale. Pour être de type II, une maternité doit pouvoir offrir, vingt quatre heures sur vingt quatre, un personnel hautement qualifié, qui nest pas aujourdhui suffisant au regard du nombre de structures prétendants offrir ces soins de niveau élevé. Par ailleurs, à moyenne échéance, ne disposer que de maternités de type II est probablement contestable. Est-ce humainement et financièrement réalisable ? Les maternités de type II et de type III rendent-elle un meilleur service à la population en garantissant de meilleurs résultats quune organisation coopérative efficace avec les maternités de type I ? III Propositions Plutôt que de définir qui fait quoi, il semble plus opérationnel dans un premier temps de définir ce qui doit être fait et dans quelle perspective. III.1 Le suivi des femmes enceintes en ambulatoire : un enjeu de la planification. Il constitue un temps essentiel dont la qualité du déroulement conditionne la bonne prise en charge dans le dispositif daval. Le transfert anténatal des femmes à risques vers les maternités équipées de moyens adéquats est opérant dans la mesure où cest précocement que les situations à risques sont repérées et les femmes orientées vers les lieux adaptés (consultations spécialisées ou structures à haut niveau de technicité) aux risques présentés. A ce titre les modalités dorganisation de ce dépistage précoce peuvent être précisées sur un document de référence comme cest le cas aux Pays Bas [14]( annexe 4).LURML IDF propose dans un premier temps un ensemble de principes pouvant constituer la référence optimale de la prise en charge en ambulatoire du suivi de grossesse. Ensuite, il a insisté sur les aspects de communication et dinformation, qui sont en effet déterminants. Enfin, nous proposons un cadre de mise en uvre de ces principes. Il sinspire de travaux déjà menés sur dautres sites. III.1.1 Les principes structurants Ces principes ne sadressent pas à un
professionnel en particulier, mais concernent tous les professionnels. Ainsi, lors dun premier contact pour une grossesse, il est important : 1 - Détablir la réalité de la grossesse et en particulier sassurer de la qualité de la datation de celle-ci. 2 - De dépister les situations à risques. Les risques peuvent être des risques médicaux (ceux-ci sont bien connus et largement documentés dans la littérature et en particulier dans la revue du collège des gynécologues obstétriciens) et sociaux. Les risques sociaux et la littérature sur ce sujet sont moins connus (travail dinvestigation à faire sur ce point). 3 Dinformer la femme et de sassurer sa bonne compréhension sur les thèmes suivants:
4 De mettre en uvre la participation active de la femme enceinte à la prise en charge de sa grossesse. Le patient est toujours un co-acteur de sa prise en charge et cest encore plus vrai pour le processus de la grossesse. La patiente doit donc être bien informée sur le déroulement et les principes de prise en charge de la grossesse mis en place par les professionnels impliqués. La participation active de la femme est liée à la gestion du dossier médical de sa grossesse. La femme devrait détenir son dossier, au praticien de conserver un double. 5 De rappeler que le dossier médical est un élément central qui garantit un suivi optimum car il peut constituer un outil de communication entre les différents intervenants. Or, pour quil soit réellement utilisé par tous les intervenants, ils doivent le valider. Il faut donc envisager les conditions de son élaboration et de son utilisation de telle façon quil soit effectivement utilisé par les différents intervenants et aussi par la femme. 6 Quil
existe une interaction optimale entre les professionnels en charge du suivi des
femmes enceintes et que celle-ci constitue lun des objectifs principaux dune
bonne prise en charge pendant les six premiers mois de la grossesse. 7 Que la bonne orientation, en fonction des éléments dépistés, soit un élément majeur du fonctionnement du dispositif. Elle est possible si les différents professionnels connaissent les ressources disponibles (intérêt dun serveur WEB sur lequel un annuaire des structures et leurs modalités de fonctionnement serait disponible) et sils ont défini des règles de référencement entre eux et s'assurent de la bonne mise en uvre de celles-ci. Cette bonne orientation est particulièrement importante au 6ème mois de la grossesse, au moment de la prise en charge qui concerne laccouchement proprement dit. 8 De participer à lévaluation du fonctionnement du dispositif en partageant linformation, mais aussi, en prenant part aux séances de mise en commun et de restitution des évaluations réalisées. Cest lun des éléments essentiels du bon suivi des femmes enceintes. III.1.2 Formation et CommunicationLa formation au fonctionnement du système de soins local (enjeux, acteurs, organisation des rôles et importance des ajustements) est primordiale pour tous les acteurs de santé. Elle constitue un préalable à lémergence de pratiques coopératives. Cette formation peut sacquérir au cours de sessions de formation multidisciplinaires centrées sur lanalyse des problèmes rencontrés par chacun. Elle peut prendre modèle sur les méthodes de formation action, les méthodes de résolution de problèmes ou les démarches de cercles de qualité [11-12] qui sont adaptables au secteur de la médecine ambulatoire. Cette formation doit pouvoir être financée et ses résultats évalués. La question de la valorisation des solutions élaborées localement est une condition de son succès. La communication et ses modalités (objectifs, outils, procédures) constituent un moyen de résoudre une grande partie des problèmes identifiés par le groupe. Elle concerne les professionnels entre eux et les relations des professionnels avec les femmes et leurs familles. De nombreux exemples européens peuvent apporter des éléments de réflexions. Le développement de linformatisation des cabinets de médecins libéraux, le développement du Réseau Santé Social permettent denvisager la mise en uvre technique des outils et méthodes de communication qui devront par ailleurs être constitués au moment de lélaboration des dispositifs locaux de prises en charge des femmes enceintes et de leurs enfants. III.1.3 Limportance des dynamiques locales Lamélioration de lorganisation de la prise en charge de la grossesse, impliquant lensemble des professionnels du secteur ambulatoire, doit sappuyer sur des principes généraux. Sa mise en oeuvre concrète sur le terrain doit être accompagnée et organisée dans le cadre de processus expérimentaux, développés à léchelon local, sappuyant sur une dynamique de changement désirée par les acteurs eux même. Les travaux exploratoires déjà menés sur les résistances aux changements dans le monde libéral montrent majoritairement [15-16] que cest le contact entre professionnels lors de sessions de formations continues, qui offre réellement les moyens de modifier les pratiques. Par ailleurs, les dispositifs de dépistage, de repérage et de gestion du risque seront efficients grâce à limplication des différents protagonistes. Ceux ci doivent pouvoir sinterpeller au quotidien et à distance dans la prise en charge de leurs patients. Cest donc bien la dynamique locale des acteurs de terrain qui constitue le moteur du changement souhaité. A ce titre, le travail du groupe a permis de démontrer quun échange multidisciplinaire sur les dysfonctionnements de la pratique quotidienne permet daméliorer la compréhension de chacun concernant les enjeux et les réalités vécues par les autres. Mais, pour soutenir linnovation au-delà de la réflexion, les expérimentations de terrains doivent pouvoir déboucher sur des transformations tarifaires et / ou des alternatives aux modalités traditionnelles de rémunération des professionnels comme sur lélaboration de critères nouveaux de mesure de la performance. Les maternités de type I offrent un support pour la constitution, à titre expérimental, de pratiques en réseau que lURML IDF pourrait soutenir.
III.2 La prise en charge hospitalière : lorganisation en réseaux inter-maternités et les conditions dun fonctionnement optimum Limportance des dispositifs de proximité, pour mettre en place de nouvelles modalités de coopération et de coordination en ambulatoire, ne doit pas masquer limportance des modalités de coopération et de coordination entre les acteurs du dispositif daval. III.2.1 Quelle place pour quelles maternités de type I en Ile de France ? La réflexion sur les
conditions dorganisation des réseaux inter-maternités en Ile de France est
contingente de lorganisation, du nombre et des caractéristiques des établissements
libéraux dans lesquels pourra continuer à accoucher une parturiente sur deux dans la
région. Dans une logique libérale, ou lactivité détermine la rentabilité de la structure, la masse critique correspond bien à une logique économique. La productivité constitue dés lors une condition de la survie de la structure de soins. Pour un fonctionnement donné, il existe un seuil de rentabilité qui est lié à un volume daccouchement. Garantir au minimum des soins de niveau 1 et 2, associé à lexpertise des équipes, la possibilité dassurer les gardes implique un volant dactivité suffisant pour une maternité de type I. Au sein du groupe, le seuil de rentabilité retenu se situe autour de 1200 accouchements par an, dans une maternité comptant 25 lits adossés, sur une activité de chirurgie permettant de " pooler " certains professionnels. On pense ici notamment aux anesthésistes. Il implique quà terme, nombre de maternités dans les cliniques dIle de France devront se restructurer. Aujourdhui, lactivité de la maternité nest pas financièrement intéressante pour les établissements privés qui ont au minimum un objectif déquilibre de leur budget. Par ailleurs, les modes de rémunérations et les contraintes en terme de personnels et de sécurité limitent tout gain significatif de productivité. De ce fait, lactivité de maternité ne peut se concevoir isolément dans un établissement car elle ne lui permettra pas dassurer sa survie en terme financier. Par ailleurs, devront être envisagés laccession au Type II dun certain nombre détablissements privés, et le financement sy afférent. Au sein du groupe un débat sur lavenir de lactivité des obstétriciens dans le monde libéral a mis en évidence le refus dune part significative de la profession de se cantonner au seul suivi des grossesses à bas risques. Ce qui ne correspond dailleurs pas à une utilisation optimale des compétences des obstétriciens. Il ne sagit pas ici de proposer une multiplication des structures de type II en Ile de France. Mais de formuler le souhait que le secteur libéral, à loccasion de la restructuration à venir, puisse prendre une place correspondant à limportance de son implication dans le suivi des femmes enceintes. Actuellement seuls deux établissements libéraux sont de niveau II. Ces différents points dessinent les contours de ce que pourront être demain les maternités libérales en Ile de France et quel sera leur rôle. Elles seront dabord les maternités de proximités, en lien avec leur environnement, capable dassurer des soins de niveau 1 et 2. Elles devront également être capables de dépister le risque et de le gérer en lien avec leurs partenaires au sein des réseaux inter-maternités. Lessentiel de ces maternités sera de type I. Pour autant, un certain nombre dentre elles seront capables de sorganiser pour accéder au type II. Nous considérons que laccomplissement des transformations que cela implique, en clair, la restructuration de ce secteur dactivité, permettra la prise en charge de la population, dans des conditions de sécurité satisfaisante et à un coup financier supportable. Ce coût sera probablement inférieur à celui que pourra assurer le secteur public à législation constante, du fait que nombres dactes ne sont toujours pas rémunérés dans le secteur libéral. Dernier point devant précéder lexamen de ce que pourront être demain les réseaux inter-établissements, les changements à venir impliquent une restructuration. Cette dernière à un coût. Quels seront les moyens offerts au secteur libéral pour se restructurer en Ile de France sachant que la sanction économique sapplique aux établissements privés de manière bien plus prégnante que dans le secteur public ? III.2.2 La déontologie du fonctionnement en réseau, limportance du contre-transferts Le développement des réseaux inter-maternités, comme nous lavons déjà évoqué en première partie, est aujourdhui initié par de nombreux centres de type III. Les conditions de partenariat sur le plan opérationnel sont, à l'heure actuelle, peu développées. Le succès des réseaux passe par létablissement de règles de coopérations partagées par tous les professionnels hospitaliers, quelle que soit leur position dans le dispositif. A ce titre un ensemble de critères opposables (droits et devoirs du fonctionnement en réseau) nous apparaissent comme les règles déontologiques minimum propre au fonctionnement en réseau. Ainsi, les centre périnataux de type III doivent garantir :
Il est important de bien percevoir que la tête du réseau nexiste que par la qualité du service et de la concertation quelle propose aux centres de type I et II qui maîtriseront les flux. Les praticiens libéraux ne pourront durablement sinscrire dans une logique en réseau si le service est mal défini ou rendu. Un réseau est un jeu gagnant / gagnant. Ces dernières années, lapparition de centre de type III sest traduite par laffaiblissement sensible des maternités libérales situées dans leur zone de chalandise. Ce qui témoigne dune faible capacité, jusquà présent, à mettre en uvre des complémentarités. III.2.3 Privilégier la réorganisation des maternités de type III plutôt que la création et inciter le développement de dispositifs de proximité. Il est absolument irréaliste de considérer quil sera possible dinstaller plus de dix centres périnatals de type III en Ile de France. Les ressources humaines et financières ne le permettront probablement pas. De plus, si la spécificité de l'Ile de France permet de s'interroger sur la pertinence du maintien d'un nombre aussi important de maternités de type I quactuellement, on voit mal pourquoi il en irait différemment des centres de type III. Ils bénéficient eux aussi des infrastructures de communication rapide d'Ile de France. La réorganisation des structures de type III et leur répartition optimale sur le territoire dIle de France seront efficaces dans la mesure où elles seront articulées sur un ensemble de dispositifs de proximité organisés pour un repérage et une prise en charge optimale des femmes à risques. Il conviendra alors de favoriser le développement de dispositifs de proximité, en périnatalité, adaptés au dépistage et à la prise en charge des femmes à risques. Ces dispositifs sadressent à une population localisée sur un territoire donné. Ils seront composés a priori par lensemble des professionnels pouvant intervenir dans le processus de la grossesse quils soient du secteur public ou du secteur privé et prêts à sengager dans des démarches visant lamélioration des prises en charge. Un dispositif périnatal de proximité existe dans la mesure où les professionnels ont défini eux-mêmes des modalités de coopération et de coordination, leur permettant datteindre les objectifs de dépistage et de repérage du risque chez les femmes enceintes qui peuvent avoir recours à ce dispositif. Cest au travers de ce dispositif que doivent être définies localement, en référence aux données de la littérature et de la réglementation, les modalités dajustement, les outils, les systèmes dinformations, les systèmes de valorisation et dévaluation pour satisfaire aux objectifs de prise en charge. Cest aussi au sein de ce dispositif que doit être définie, localement et collectivement, la répartition des rôles et des fonctions de chacun en tenant compte des contraintes et ressources locales. La mise en oeuvre peut sinspirer des démarches projets et doit sappuyer sur les initiatives de terrain. On peut, à ce titre, se référer aux différents cahiers des charges dexpériences de réseaux. LUnion Régionale Ile de France se propose de soutenir, par les divers moyens dont elle dispose, une ou deux expériences de terrain innovantes dans le domaine de la périnatalité. Conclusion Le contexte introduit par les ordonnances Juppé a modifié en profondeur le jeu de la régulation de loffre de soins puisquil a introduit de nouveaux acteurs (ARH, URCAM). Au-delà des outils et des acteurs nouveaux présents dans le paysage sanitaire, ce sont aussi de nouvelles modalités de raisonnement qui apparaissent dans le système de soins français traditionnellement cloisonné et orienté vers la gestion de loffre de soins.Le développement de la
réflexion en santé publique, lapproche populationnelle des problématiques de
santé et des politiques qui sy rattachent, offre la possibilité de renouveler
lanalyse de la performance du dispositif de soins. La possibilité dexpérimenter de nouvelles formes organisationnelles de prises en charge, en y associant aussi de nouvelles modalités tarifaires, offre lopportunité de mettre en uvre des projets innovants. Les professionnels libéraux sont prêts à soutenir et accompagner en partenariat avec dautres acteurs institutionnels, des travaux de ce type dans le domaine de la périnatalité. LURML IDF est disposée à soutenir localement leur démarche. Ces travaux doivent être conçus comme expérimentaux, accompagnés sur le plan méthodologique, sappuyer sur des dynamiques de terrain et recevoir des financements. La mise en uvre du SROS dans le champ de la périnatalité en Ile de France implique de nombreux changements dans le système de soins. Ceux-ci bouleversent les représentations des acteurs de santé, les principes dorganisation entre eux et les rapports de forces quils sous tendent. Un tel processus offre la possibilité de transformations importantes sur le terrain, des rôles, des identités et des pouvoirs. Il doit, pour parvenir à sinscrire dans les pratiques, être guidé par une représentation partagée de ce qui doit être la meilleure prise en charge de la grossesse au regard des connaissances actuelles sur la question. Les professionnels libéraux qui interviennent pour une grande part dans le suivi des femmes enceintes et des nouveaux-nés jouent un rôle à la fois dans la réflexion, dans linnovation et dans lémergence de cette perspective partagée. Ce rapport, élaboré par un groupe de professionnels libéraux, soutenus par leur Union Régionale, se veut une étape dans la réflexion et la mise en uvre de nouveaux modes de prise en charge. Le groupe ne prétend en aucune manière poser à cette occasion lensemble des questions auxquelles devront répondre les acteurs publics et privés de la périnatalité. Pour autant, il espère être parvenu, par un diagnostic lucide, à ouvrir des pistes pour laction. Annexe 1 Liste des membres du groupe de travail M. Willy BELHASSEN, sage femme, Paris (75)Mme Françoise BICHERON, sage femme, Saint Cloud (92) Dr Yann BOURGUEIL, médecin spécialiste en santé publique, Groupe Image, Saint Maurice (94) Dr Simone BRUNET, gynécologue médical, Bagneux (92) M. Emmanuel DAYDOU, responsable du service études, URML IDF, Paris (75) Dr Marie-Odile DESCHAMPS, gynécologue médical, Paris (75) Dr Sylvia JAUDEL, gynécologue obstétricien, Evry (91) Dr Dominique LANTY, généraliste, membre de la commission SROSS de l'URML IDF, Claye Souilly (77) Dr Anne MIGNARD, généraliste, Paris (75) Dr Michel NAIDITCH, médecin spécialiste en santé publique, Groupe Image, Saint Maurice (94) Dr Rosemonde POINSOT, pédiatre, Paris (75) Dr Marc-Alain ROZAN, gynécologue obstétricien, Président de la commission SROS de l'URML IDF, Aubervilliers (93) Données sur l'offre de
soins en périnatalité en Ile de France
Source : CRAM IDF (31 décembre 1995)
Répartition des maternités de type iii par département en Ile de France
Source : CTCN Annexe 3 CONVENTION DE PARTENARIATLa présente convention est établie entre : Etablissement d'hospitalisation Les objectifs visés tiennent à la volonté de développer les relations entre les équipes médicales et paramédicales, à la nécessité de faire bénéficier aux patients des soins les plus adaptés au moindre coût pour l'assurance maladie, à renforcer la sécurité et la continuité des prises en charge, et ce, en fonction des compétences médicales et des spécificités respectives des établissements. L'adhésion à ce réseau est une démarche volontaire, individuelle, révisable, non exclusive, fondée sur la confiance réciproque et le respect mutuel des intervenants respectant le libre choix des patientes. ARTICLE I : OBJET DE LA CONVENTION DE PARTENARIAT La présente convention a pour objet la mise en place d'un réseau de soins entre et , fondé sur la complémentarité des activités, des moyens et des compétences scientifiques et médicales des deux établissements. ARTICLE II : LES DOMAINES ET LES MODALITES DE PARTENARIAT Compte tenu de la spécificité de dans le domaine de la Médecine Périnatale, c'est dans le cadre de l'organisation du diagnostic prénatal, des transferts in utero et des soins postnataux hautement spécialisés que la convention de partenariat trouvera son développement privilégié. A) - Le diagnostic prénatal Cette convention de partenariat intègre de fait et de droit ses différents membres à l'équipe pluridisciplinaire dont la composition est définie par l'article R 162-19 (alinéa 2) du décret 97.378 du 28 mai 1997 relatif aux centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal dont à l'intention de demander la création dans son établissement de santé dès que les modalités d'application seront publiées au JO. Cette participation au centre multidisciplinaire de diagnostic prénatal de concerne les médecins spécialistes en gynécologie-obstétrique, les échographistes, les spécialistes de génétique médicale, les pédiatres, les psychiatres et les ftopathologistes. B) - Les transferts in utero |